Mieux former les jeunes malgaches aux enjeux agricoles de demain

Miora (prononcez « Miour ») représente la jeunesse malgache moderne, celle qui ne peut s’empêcher d’être optimiste et de monter des projets pour contribuer au développement de son pays.

Un important bagage d’études – dont une partie réalisées à la Réunion – et des voyages l’ont menée à un constat: les jeunes diplômés malgaches, titulaires d’un master, d’un diplôme d’ingénieur ou plus – qui arrivent sur le marché du travail ne sont pas prêts. Leur formation leur donne des connaissances pointues mais ne les équipe pas des compétences nécessaires à l’obtention d’un poste, et plus loin, à la gestion de projets pour développer l’agriculture. « 80% des malgaches sont agriculteurs. Les problèmes des paysans ne sont souvent résolus que superficiellement car dès que les projets de développement prennent fin les habitudes reprennent, constate Miora. Pourquoi ?

Miora sur le terrain avec l’agronome Narcisse Moussa et Mr Ernest, agriculteur dans la région du Vakinankaratra

 

En partie parce que ceux qui gèrent les projets ne sont pas formés pour transférer les connaissances agricoles et les résultats de recherche de manière efficace sur le terrain. « Les jeunes agronomes doivent arriver sur le marché du travail en maitrisant des outils de base, la communication. On doit pour cela casser les barrières, affronter la timidité et la peur, créer des ambitions, des initiatives, de la motivation ».

Dans la vidéo suivante Miora explique en quoi son projet répond à la fois au besoin de compléter les compétences des jeunes agronomes ET de développer des pratiques agricoles durables: https://youtu.be/XmeqUw-jy4Y

 

Miora a donc invité tous les étudiants stagiaires au SPAD (unité de recherche « Systèmes de Production Agricoles Durables) où elle travaille – à se retrouver régulièrement pour participer à des groupes de travail. L’un des objectifs est d’organiser une « bourse aux compétences ». Business plan, montage de projet, prise de parole en public, synthèse bibliographique, gestion de conflits, rédaction… « Tous les étudiants sont différents, ont des expériences différentes, des compétences variées et donc des choses à partager aux autres. En fonction du niveau de maîtrise on partage et on se complète! » explique Miora.

 

Les compétences qui ne sont pas maîtrisées par les jeunes diplômés, d’après un sondage réalisé par Miora,

 

Un autre objectif est de profiter de la présence de chercheurs, qui ont une belle expérience à partager, pour se former dans les domaines de compétence non maîtrisés. « Cela peut être les chercheurs de notre unité de recherche mais aussi des volontaires, enseignants et chercheurs d’autres pays qui sont de passage et souhaitent participer au projet en partageant leur expérience s’ils ont une ou deux heures à donner » précise Miora.

La finalité du projet de Miora est que les jeunes diplômés, qui ont tous des rêves, des projets pour l’avenir de leur pays, démarrent des initiatives concrètes, et pourquoi pas créent leur propre job… de conseiller en agroécologie par exemple.