L’AGROECOLOGIE, C’EST AUSSI GERER DES MINI-PROJETS DES LE PLUS JEUNE AGE !

Pavel et Micha
Pavel et Micha Znaminko sont accro aux projets pédagogiques qui responsabilisent l’élève autour de projets d’animation et de sensibilisation du très jeune public.

En République Tchèque, l’enseignement reste très traditionnel mais certains enseignants se battent pour donner les outils qui permettront aux futurs acteurs du monde agricole de mener des projets pour plus de durabilité dans systèmes agricoles.

Au lycée agricole de Podebrady, situé dans une zone d’agriculture intensive à 1h de Prague, les élèves suivent une spécialisation en « agribusiness » (grosso modo, comment gérer une ferme) ou en production animale pour être assistant vétérinaire. L’agroécologie est un terme peu connu en Europe de l’Est où on sépare plutôt le « bio » et le « conventionnel ». D’après les témoignages des quelques enseignants que j’ai pu rencontrer, on enseigne les techniques de production végétale très conventionnelles. Si quelques enseignants « parlent » du bio en cours, ils sont rarement objectifs et ne cherchent pas à montrer d’exemples ou à proposer de la pratique aux élèves.

Pavel et Micha Znaminko sont, eux, passionnés par la pédagogie et la permaculture. Avec leur look babacool on pourrait croire qu’ils ne font entendre qu’un seul son de cloche aux élèves. Non, ils leur font découvrir la diversité des systèmes agricoles « pour que chacun puissent trouver ce qui lui convient le mieux ».

A côté des séances de pratique sur la ferme et dans le jardin bio du lycée – dont ils sont à l’initiative – le couple d’enseignants multiplie les projets et n’a, à vrai dire, pas assez d’heures dans une journée pour mettre en œuvre toutes ses idées. Après 3 jours passés avec eux, je peux résumer leur pédagogie avec les 3 points suivants :

  • Une relation de confiance avec les élèves, qui sont rarement en situation de face à face avec l’enseignant, en classe, mais travaillent plutôt en groupes sur des petits projets
  • Beaucoup de pratique : les élèves manipulent les animaux, jardinent plusieurs fois par semaine, goûtent et cuisinent le fruit de leur travail
  • Plusieurs fois dans l’année, le lycée organise et/ou participe à des évènements autour de l’agriculture et la protection de l’environnement.
  • L’argent étant le nerf de la guerre, la recherche de financements pour développer les projets est essentielle

L’interview que j’ai réalisée aborde surtout le point n°2. Pavel et Micha répondent, dans le jardin pédagogique du lycée agricole, aux questions suivantes :

  • Pour vous qu’est-ce que l’agroécologie et quelle serait la ferme « agroécologique » idéale ?
  • Comment enseigner l’agroécologie ?

J’aimerais attirer l’attention sur le point n°3 qui je pense est assez facile à développer dans nos lycées français. A 16 ans – âge moyen des élèves du lycée de Podebrady – les jeunes sont suffisamment autonomes pour pouvoir sensibiliser/communiquer/enseigner à des plus jeunes qu’eux. Plusieurs études ont montré que la responsabilisation des élèves accélère le processus d’apprentissage. C’est assez évident : ils souhaitent transférer des connaissances ou compétences qu’ils connaissent à des plus jeunes le mieux possible. Les situations où ils sont avec des enfants, en animation, sur le thème du sol par exemple, restent gravées dans leur mémoire parce qu’ils sont acteurs, et non passifs, et parce qu’ils interagissent avec ceux qui « n’ont pas le même niveau de connaissances » dans leur domaine en tout cas.

Pavel et Micha font participer leurs élèves à plusieurs évènements dans l’année, notamment le Garden Food Festival, Earth Day, ou des démonstrations de tonte. Si les élèves sont trop jeunes pour gérer totalement la participation du lycée à ces journées, ils peuvent prendre en main des ateliers de sensibilisation : explication des principes de permaculture, mini ateliers sur le sol, etc.

Pour Micha et Pavel, qui croient en l’enseignement par l’exemple, cette manière de diffuser l’agroécologie ne fonctionnera réellement que si le système du jardin bio du lycée est global, c’est à dire de la fourche à la fourchette. Certains collègues comprendront de quoi je parle : il est impossible aujourd’hui pour des raisons réglementaires de cuisinier les légumes du jardin à la cantine du lycée ; les élèves ont de la nourriture industrielle. Le « rêve » du couple d’enseignants est de réussir à préparer au moins un repas de temps en temps avec les productions du jardin.

 

Micha et Pavel acceptent avec plaisir des stagiaires de niveau BTS Gestion et Protection de la Nature (ou équivalent) pour les aider à organiser et communiquer sur les différents projets autour du jardin et de l’agroécologie.

 

Plus d’informations :

Page Facebook du lycée : Szes asos podebrady

Pour les stages BTS GPS : opalinelysiak@gmail.com (oui, il faut passer par moi !)

 

Et bien sûr, suivez les Agron’hommes !