VERS LE TOIT DU MONDE (Thaïlande, Laos, Vietnam, Népal)

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On ne va pas vous mentir, on n’a pas beaucoup travaillé dans les fermes entre notre passage aux Philippines et notre arrivée au Népal. Six mois que nous n’avions pas revus nos amis, et c’est à Bangkok que nous nous étions donnés rendez-vous. À suivre, le récit de notre trip, des îles idylliques de la Thaïlande aux sommets majestueux de l’Himalaya. Peu de travaux ruraux à l’horizon mais une bonne dose d’amour et d’aventure.

Nous serons donc onze :1 Nicolas, Cédric, Alexandre, Dimitri, Thibault, Corentin, Marion, Eva, Élise et les deux farmers. Le temps de deux journées, nous nous laissons happer par la fièvre nocturne de Khao San Road. Le typique Pad Thaï – la spécialité locale – et les nombreux temples bouddhistes de la capitale thaïlandaise offrent de précieux moments de répit à nos corps abimés. Nous embarquons rapidement pour les îles du sud : Koh Phangan et Koh Tao. La pleine lune approche à grands pas et avec elle, la fameuse Full Moon Party si chère aux touristes étrangers. Oui, on a osé. Peints aux couleurs locales, nous passons une nuit déjantée sur la plage d’Haad Rin, et assistons à un lever de soleil sublime. Nous délocalisons ensuite vers Koh Tao : quelques jours de moto, de bateau, de plongée et de relaxation nous y attendent. Puis vient le temps des adieux : Nicolas, Cédric et Alexandre rentrent en France, Thibault à Taipei (Taïwan). Et il n’en resta plus que sept.

Les survivants que nous sommes filent vers le nord. Chang Mai sera notre fief pour deux jours de préparation d’un intense road trip en moto. Six jours de voyage, 800 kilomètres de route, et trois villes-étapes constituent la boucle de Mae Hong Song. Alors que l’asphalte et la terre défilent sous nos roues et que nous enchaînons les virages à une vitesse effrénée, nous arrivons aux grottes de Tham Lot. Nous explorons des décors dignes des mines de la Moria. Alors que nous remontons la rivière Nam Lang, les stalagmites et les stalactites se découpent sur un fond d’obscurité, les chauves-souris tourbillonnent au-dessus de nos têtes et d’énorme poisson-chats s’excitent sous nos barques. Une grotte comme nous n’avions jamais vu et qui annonce du beau pour la suite. Chacune des villes que nous traversons offre un spectacle unique et s’imprègne d’une identité propre. Nous garderons notamment en mémoire le tempérament festif de Pai et son marché nocturne, et l’ambiance mystique de Mae Hong Song, son coucher de soleil et son temple majestueux. Une courroie cassée, une chute et une roue crevée auront été loin de réussir à ternir ce road-trip qui restera LE moment marquant de nos deux mois en Asie du Sud-Est.

Le Laos nous attend. Nous décidons de rejoindre Luang Prabang, au centre du pays, en remontant le Mékong en slow boat. Nous avançons à peine plus vite que le courant du fleuve. Nos regards errent sur les berges luxuriantes de végétation alors que de ponctuelles pluies torrentielles s’abattent. Pakbeng nous offre une halte culinaire de choix : 13nous y goûtons le meilleur curry de nos trois mois de voyage asiatiques. Nous accostons le lendemain à Luang Prabang pour quelques jours de repos et d’exploration des contrées environnantes. La ville se niche au cœur d’une coudée du Mékong. Le temple de Luang Prabang, édifié sur une colline centrale, nous offre une vue époustouflante sur les deux bras d’eau faisant office d’enceinte naturelle. Nous assistons à un coucher de soleil ardent sur les montagnes brumeuses laotiennes,  avant de partir flâner au marché nocturne – le plus massif que nous ayons eu jusque-là. Nous partons le lendemain tâter l’eau fraiche et turquoise des cascades Kuang Si et passons la soirée à pavaner au bowling de la ville. Yvan se fait même un plaisir de battre le record local. Nos corps nous démangent. Nous n’avons pas connu d’activité physique intense depuis trois semaines et décidons de faire escale à Luang Namtha. Une première journée de VTT nous remet d’aplomb. Nous passons la nuit dans un village environnant et arrosons la soirée à grandes goulées de l’alcool produit localement. Promis, ce sont les locaux qui nous ont forcé la main !

Un avion attend Marion, Eva et Élise à Hanoï, au Vietnam. Vingt-quatre heures d’un trajet éprouvant depuis Luang Namtha nous amènent à Cat Ba, au sein de la baie d’Ha Long. Nous dédions notre première journée à vagabonder en scooter et à une marche au cœur du parc national nous menant au point le plus haut de l’île – une vue à 360 degrés sur les collines environnantes nous y attend. Nous explorons les baies de Lan Ha et d’Ha Long en jonque le lendemain. Les blessés s’accumulent : après Yvan et ses neufs points de suture sous le pied – à cause d’un bout de céramique par terre à Koh Phangan– c’est Corentin qui part visiter les urgences du coin. Bilan : huit points de suture et deux doigts dans le sac. Le voyage à sept touche à sa fin : nous quittons la baie pour rejoindre l’effervescente Hanoï et passer une dernière soirée mémorable avec les filles. Marion et Eva filent en Amérique Latine pour cinq mois tandis qu’Élise rentre à Hô-Chi-Minh-Ville. Nous la rejoignons quelques jours plus tard pour prendre notre avion en direction de notre prochaine destination : le Népal !

Le défi qui nous attend est de taille : nous comptons  effectuer le trek menant au camp de base de l’Everest en passant par la vallée de Gokyo, avec 15 jours de marche, plus de 5000 mètres de dénivelé positif, et une vue imprenable sur l’Everest à 5650 mètres d’altitude. Nous serons cinq à partir – Élise, Dimitri, Corentin et les farmers. Il n’en restera que quatre … Le trek commence par un atterrissage sur la piste de Lukla – la plus dangereuse du monde. 500 mètres de piste à 3000 mètres d’altitude, on peut vous dire qu’on a bien serré les fesses ! De Lukla (2834m), nous montons à Namche Bazaar (3440) pour nous acclimater à l’altitude pendant quelques jours. Les porteurs sherpas, les yaks et les stupas – gare à passer à gauche ! – se succèdent alors que nous nous offrons une première vue sur le toit du monde.

Puis nous entamons les hostilités : direction Gokyo et son lac (4780m) en passant par Dole (4110m) et Machermo (4410m). Première nuit au dessus du Mont Blanc ! Et elle ne fut pas des plus agréables. À cette altitude l’air est rare et les symptômes du Mal Aigu des Montagnes se font sentir : mal de tête, vertiges, manque d’air la nuit, appétit troublé, etc. Le froid n’arrange rien : les températures descendent à -15°C la nuit et nous ne disposons d’aucun chauffage. Les symptômes en viennent même à devenir inquiétant pour Dimitri, qui se voit obligé de redescendre en hélicoptère à Katmandou. Bilan : 7 kilos de perdu et un début d’œdème cérébral. On ne rigole pas avec la montagne. Une intense cure de Dal Bhat – riz et lentille, le plat népalais traditionnel – et de fromage de yak permet aux quatre autres de survivre aux sévices de la montagne.

Nous tutoyons enfin les pics glacés de la chaîne himalayenne. Nous partons affronter le col de Renjo La (5360m) et le Gokyo Ri(5357m) pour contempler les sommets environnants. Le Cho Oyu (8188m), le Makalu (8481m) et l’Everest (8848m) s’offrent à notre vision stupéfaite. Pour rejoindre le camp de base, il nous faut changer de vallée ; nous traversons donc le glacier de la vallée puis le col  enneigé de Cho La (5330m). Les paysages de rêves se succèdent. Nous accélérons le rythme et avalons les étapes à une vitesse affolante. Alors que les conditions se durcissent, nous atteignons enfin le camp de base de l’Everest (5364m). Un interminable amas de tente s’étend au pied de la Ice Fall,le premier obstacle vers l’ascension de l’Everest. Les alpinistes s’apprêtent à grimper dans les prochains jours alors que la période – entre l’hiver et la mousson – offre des conditions propices à l’atteinte du sommet. Puis nous nous engageons vers le Kala Patthar (5643m), un belvédère avec une vue imprenable sur l’Everest, semblable à une immense pyramide noire. À ce stade la suite du trek n’est qu’une formalité : 3 jours de descente de la vallée nous attendent pour rentrer à Lukla. Les conditions climatiques commençaient à se faire sentir durement, et nous ne cachons pas notre plaisir de retourner à Katmandou. 

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Pas le temps de se reposer : nous retournons à la ferme ! Yvan et Corentin ont retrouvé Thomas, un ami qu’ils avaient rencontré au Népal il y a 3 ans. Thomas s’est depuis lancé dans un projet éco-responsable : il développe une ferme à Chaughada avec pour objectif d’initier le développement d’éco-tourisme d’ici octobre 2018. Nous emmenons avec nous Élise, Dimitri et Corentin pour participer à l’amélioration et au renouvellement des champs et des maisons. Nous entamons à peine notre séjour chez Thomas – Eureka Organic Land – et vous en diront plus sur ce que nous avons appris et les tâches qui nous ont été confiées dans notre prochain post.