LE RETOUR À LA TERRE EN TOUTES SIMPLES ET CITÉS, par Thien Uyen Do

uyen

Uyen est une jeune femme dynamique et intègre, anciennement dans le domaine du droit, qui a décidé avec son mari vigneron de s’implanter en Dordogne pour travailler sur son concept novateur : la culture des simples.

Rien à voir avec la télé-réalité (oh encore une mauvaise blague, bravo hein) puisque les simples sont en fait les plantes aromatiques et à vertus médicinales qu’on connait tous au moins un peu. Mais si, votre grand-mère vous en fait tout le temps des tisanes pour dormir vous vous souvenez ?

large_TUD_6085-01-01_resized_2-1498980506-1498980575

Uyen est désireuse de redorer le blason des simples, qui sont porteuses d’espoir quant à l’avenir des habitudes de consommation de médicaments. Elle nous explique, durant la présentation qu’elle nous a offert, que les simples ont toujours été reconnues pour leurs propriétés et leurs bienfaits mais que leur utilisation a été décrédibilisée par le passé, lorsque les premiers médicaments sont arrivés. Les pharmaciens se sont dépêchés de crier à l’escroquerie, faisant passer les herboristes pour des charlatans…la suite de l’histoire on la connaît, Bayers et Monsanto font maintenant équipe « pour le bien de l’humanité et l’avenir des soins ».

Ce qu’on n’imagine pas forcément, c’est qu’Uyen rencontre des difficultés face aux lois actuelles concernant les produits de soin et médicaments…comme des décennies auparavant (oui parce qu’en France on n’aime pas trop bousculer et repenser nos lignes directrices comme vous l’aurez remarqué), l’Etat interdit formellement la vente et l’achat de simples à but curatif. En gros il n’y a que les pharmaciens qui ont le droit officiel de vous soigner ! Elle nous a parlé du prix de ce droit qui passe par un diplôme spécial ainsi qu’un laboratoire, et demande donc d’être « formaté » selon les cadres médicaux connus si vraiment on s’entête à vouloir vendre des plantes saines. Si c’est si dur de pouvoir vendre des produits à vertus curatives, peut-être est-ce parce que la chambre d’agriculture ne souhaite pas voir avancer le secteur. Comprenez, ça ruinerait le business que chacun d’entre nous puisse produire ses propres simples médicinales.

simples UyenPour la petite histoire, l’industrie pharmaceutique dépasse les bornes de la sécurité sans arrêt. C’est malheureusement un business comme un autre, (pardon à ceux qui s’y destinent ou y travaillent mais) le domaine des médicaments est régi par des réglementations qui sont loin d’écarter la part de risque des produits mis en vente s’ils sont assez rentables.  Certains médicaments, par exemple, sont fabriqués en utilisant la molécule coupable de l’addiction dès première prise qui compose l’héroïne et ils sont plus communs que vous ne le pensez. Eh oui ça serait dommage que vous n’en achetiez qu’une seule fois, autant revenir. Les tests (notamment pour les anti-dépressifs, anxiolytiques etc) sont réalisés sur un panel de patients dont beaucoup démontrent des signes d’amélioration de leur état juste avant une rechute vertigineuse qui peut même aller jusqu’à la violence pour soi et/ou sur les autres, effet secondaire du médicament sur le long terme. Les rapports envoyés aux labos sont alors tout simplement triés pour ne laisser paraître que l’amélioration, le risque d’effets secondaires étant considéré comme négligeable.

Il n’y a qu’à taper « médicaments dangereux » sur Google pour se rendre compte que des listes sortent régulièrement pour dénoncer bon nombre de médicaments en vente libre.

Cette vision peut paraître pessimiste, cependant ce n’est pas difficile de faire le calcul du pourquoi du comment Uyen a du mal à faire accepter son concept par les hautes sphères ni pourquoi Bayers et Monsanto se sont associés n’est-ce pas ? Rappelez-vous de la campagne de pub dénonçant l’industrie pharmaceutique et soulignant les aspects financiers avantageux (pour les concernés) de la maladie. Je ne vous demanderai pas ce que vous en pensez cette fois-ci, il appartient à chacun de garder confiance en les services publics ou non.

Pour en revenir à nos moutons, la start-up d’Uyen est en plein développement actuellement. Nous l’avons repérée sur le site de crowdfunding KissKissBankBank, auquel Agrophilia a également fait appel lors de la préparation de son tour du monde ! N’hésitez pas à lui apporter votre soutien, car le retour aux soins naturels est un grand pas vers un avenir plus durable, plus transparent et plus respectueux de l’environnement. Oui de l’environnement, car qui consomme des simples au lieu d’acheter des dolipranes n’a pas besoin d’emballage carton ni plastique pour chaque gélule et ne finance pas l’acheminement ni la production du produit, étapes polluantes s’il en est.

Là où on s’est posé une nouvelle question, c’est qu’à la suite de ce crowdfunding si la réglementation ne laisse toujours pas passer les projets tels que celui d’Uyen…qu’advient-il des fonds levés ? Etant donné l’avancement du projet, quelles seraient les solutions en cas d’issue bouchée ? L’argent repart ? Est-ce une dette ou une faute ?

Dites-nous, que pensez-vous de ce retour à la terre ? Vous êtes-vous déjà soigné(e) aux plantes, si oui qu’en pensez-vous ?

A bientôt !

L’équipe Agrophilia

fleur-cornet