ALBERGUE AZUL – DOUCE COLOMBIE…

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Que tal amigos ? Notre voyage se poursuit à une vitesse folle ! Nous achevions notre dernier article en pleine traite laitière et nous voici aujourd’hui à Medellin, après avoir travaillé deux semaines au cœur de la région du café. Retour sur ces dernières semaines.

C’est non sans une grande tristesse que nous avons quitté les Quintana et la Hacienda la Esperanza il y a quelques semaines. Leur accueil et la vie que nous y avons eue nous ont comblés. Le dur labeur de la traite, la récompense d’un lait savoureux et les pitreries de Zoé ont rythmé nos journées au point de nous faire oublier que nous devions poursuivre notre voyage.

Nous comptions filer directement en Colombie. Quelques jours fériés aidant, le week-end de notre départ doit durer quatre jours : tout l’Equateur est en ébullition et se prépare à faire la fête. Nous ne souhaitons pas manquer ce que l’on nous a présenté jusqu’ici comme les fêtes de Bayonne équatoriennes. Nous rejoignons nos amis de Guayaquil (voir le post précédent) à Cuenca, lieu des hostilités, pour y passer le week-end. Quatre jours qui nous auront finalement bien fatigués, et qui s’ensuivent de deux jours de bus encore plus éreintants afin d’arriver au fief de Pablo Escobar, Medellin !

Retour en milieu rural ! Nous avons prévu de travailler dans une finca (une exploitation agricole pour les non-hispanophones) au cœur de la région du café. Nous nous dirigeons donc vers Manizales, située entre Medellin et Cali, pour y passer deux semaines. Cecilia et Pablo nous accueillent au cœur de l’Albergue Azul ; l’Auberge Bleue, dans notre cher français, est une ferme agro-écologique extrêmement soucieuse de préserver la biodiversité. Y sont élevés chèvres, poules et canards. Outre le café, Cecilia cultive une multitude de légumes (tomates, carottes), de fruits (bananes, ananas, oranges, citron) et d’herbes aromatiques (origan, thym, basilic, romarin). Autant vous dire qu’on a puisé abondamment dans le jardin pour préparer nos petits plats !

Le rythme de nos journées est similaire à celui que nous avions à Latacunga : réveil à 7h pour aller nourrir les chèvres et les poules, petit-déjeuner sur les coups de 8h, travaux divers jusqu’à 12h30, pause déjeuner, puis reprise des travaux jusqu’à 16h avant d’aller nourrir à nouveau les chèvres et les poules. Pas de wifi : c’est donc à la lecture, au sport et  la cuisine que nous consacrons nos fins de journées.

Cecilia est la femme à tout faire de la finca ; tout au cours de notre séjour il lui aura tenu à cœur de nous en apprendre le plus possible sur les pratiques écologiques durables qu’elle a développées et qu’elle souhaite répandre. Pas de produits chimiques ni de gaspillage en vue : les excréments et les déchets organiques sont réutilisés pour faire du compost et l’eau est préservée au maximum (toilettes sèches, récolte de l’eau de pluie). La majeure partie de la nourriture consommée provient également de l’exploitation, et les surplus sont vendus au marché écologique mensuel de Manizales.

Tous les matins, notre bon cuistot Yvan s’occupe de préparer une salade digne des plus grands chefs pour nos trois chèvres (Cleopatra, Cafe et Sara). Les aliments favoris de ces dernières (boutons d’or, trèfle et herbes diverses) sont fraichement cueillis à la machette à l’aube. Cecilia se charge de traire notre favorite, Cleopatra, et de préparer un délicieux fromage que nous consommons savoureusement au petit-déjeuner. Il nous faut également remplir une tâche moins ragoutante : amasser les excréments quotidiens des chèvres (miam) et les amener au compost. Pendant ce temps, Tanguy provoque la cohue quotidienne de ses poulettes colombiennes en leur donnant à manger. Rebelote à 16h avant d’aller se reposer !

La saison des pluies commence.  Attention, on ne vous parle pas du petit crachin parisien, mais bien des pluies diluviennes amazoniennes. Lorsque nous arrivons, toutes les plantations sont encombrées de mauvaises herbes. Nous enfilons donc nos gants pour aller nettoyer les plants de maïs, de yuka et de café. Jamais nous n’avons connu de tâche aussi éreintante jusqu’à maintenant, le dos courbé, les mains dans la terre à arracher des herbes plus coriaces les unes que les autres.

Des moments plus réjouissants rythment heureusement nos semaines. Grands amateurs de viande que nous sommes, nous aurons appris avec plaisir à plumer et vider trois beaux poulets, que nous avons eu la chance de déguster. La chasse pour les attraper a été des plus amusantes. Trina, la voisine, vient quotidiennement aider Cecilia dans ses diverses tâches. Grande cuisinière, c’est elle qui nous aura montré comment faire du pain, du beurre, du fromage et de la confiture maison.

Ces deux semaines de travail intense au cœur d’une nature fleurissante (on n’a jamais vu aussi beau que la Colombie jusqu’à maintenant) nous ont permis de nous reposer, loin de la folie de Cuenca et de Medellin. Nous poursuivons maintenant notre voyage vers la côté caribéenne (surf au programme). Une petite escale s’impose cependant : Maxime nous attend à Medellin pour le week-end…