DÉCOUVREZ LE PROGRAMME AGRICOLE DE NICOLAS DUPONT-AIGNAN BY PLEINCHAMP

« Je veux entamer une négociation pour retrouver l’esprit de la PAC. S’il n’y a pas d’accord, la France claquera la porte », annonce le candidat de « Debout la France ».

Les agriculteurs sont « coincés entre le marteau et l’enclume, lance Nicolas Dupont-Aignan. Avec d’un côté, une concurrence déloyale qui est la conséquence de choix européens scandaleux. Et de l’autre, l’excès des normes, des charges, des bureaucraties. Entre les deux, il n’y a pas d’issue », estime-t-il. Comme six autres candidats à l’élection présidentielle, il est venu à Brest présenter son programme agricole, lors du grand oral organisé par le Conseil de l’agriculture française (CAF), le 30 mars.

Nicolas Dupont-Aignan s’en est pris aux deux derniers Gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il les accuse d’avoir cautionné la fin des quotas laitiers, l’élargissement de l’Union européenne ou encore les accords de libre-échange comme le Ceta. Il estime que le Gouvernement français ne serait composé que de « personnalités qui commentent les décisions qui sont prises par leurs pairs et qui se font battre dans les arbitrages à Bruxelles (…) dans une Europe à 28 ». « Nous sommes minoritaires dans l’idée de défendre une agriculture forte », note-t-il.

Une dernière chance au système

« Soit nous retrouvons l’esprit de la PAC, soit nous devons partir et mettre en place une politique nationale. Je veux laisser une dernière chance au système de se réformer, je veux entamer une négociation pour retrouver l’esprit de la PAC. S’il n’y a pas d’accord, la France claquera la porte, comme la Grande Bretagne », explique-t-il ensuite.

Ses propositions : « instaurer une exception agricole à l’OMC », mais aussi renouer avec les trois volets de la PAC que sont la préférence communautaire, les prix garantis, et les quotas.

Les traités transatlantiques doivent être refusés. Quant à la directive sur les travailleurs détachés, elle ne sera plus appliquée « d’autorité », dès le jour de l’élection présidentielle, promet le candidat. « Il faut maintenant cesser de subventionner nos concurrents ! », s’exaspère-t-il.

« Assainir la dette »

À l’échelon national, plusieurs mesures s’avèrent nécessaires aux yeux de Nicolas Dupont-Aignan, à commencer par « assainir la dette de nos exploitations ». Son idée :  créer un fonds par lequel « l’État serait prêteur en dernier ressort » et inciter les banques à financer les projets des agriculteurs. Le candidat prévoit aussi « un fonds de relocalisation » d’un montant de 10 milliards d’euros par an, à destination de tous les secteurs économiques, dont l’agriculture, pour aider les exploitations « à se moderniser rapidement ».

Autres éléments de son programme : « s’opposer à la vente des terres agricoles à des puissances étrangères » ou encore « supprimer les cotisations sociales agricoles et les remplacer par une petite taxe sur la grande distribution ».

Moins de normes

Nicolas Dupont-Aignan souhaite « mettre fin à l’accumulation des normes et des réglementations écologiques toujours plus absurdes ». Selon lui, les agriculteurs ne peuvent concilier ces deux demandes de l’État : « faire face à la concurrence de pays ne respectant aucune norme environnementale et produire avec toujours plus de contraintes ». Dans le même temps, Nicolas Dupont-Aignan propose d’encourager les « bonnes pratiques agricoles » en rémunérant les services écosystémiques rendus dans les zones à handicap naturel : entretien des haies et des milieux ouverts. Les agriculteurs pourront compter sur une « politique volontariste de gestion de l’eau », qui rendra possible de stocker l’eau excédentaire de l’hiver pour l’utiliser en été. La méthanisation agricole sera encouragée.

« Une agriculture raisonnable »

Dans son programme, Nicolas Dupont-Aignan mentionne « une agriculture raisonnable », qui s’appuie sur la diversification des productions, la sélection de plantes rustiques et « un site d’information en continu sur l’usage des produits phytosanitaires ».

Le candidat rappelle que « l’agriculture française a pu se moderniser de manière exceptionnelle parce qu’il y avait une organisation de marché protectrice et une incitation à changer, à se renouveler ». Les agriculteurs doivent donc s’adapter aux « goûts du consommateur ». « Est-il normal que l’on soit importateur de bio ? », questionne-t-il. Le candidat croit beaucoup aux circuits courts et souhaite « que les cantines publiques s’approvisionnent à 75 % » par ces canaux-là.

Publié par LISE MONTEILLET (ARTICLE) & ANNE SOPHIE LESAGE (VIDÉO)