MARINE LE PEN

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Le troisième candidat est une candidate : Mme Marine Le Pen, du parti Front National. Voici ci-dessous ses réponses aux questions d’Agrophilia à propos de l’agriculture :

1) Aujourd’hui, l’agriculture ne va pas bien comme nous pouvons le constater avec le nombre important de suicides et manifestations. Si vous êtes élue qu’envisagez-vous ? les objectifs ? 

Autosuffisance VS exportations :
C’est une fausse opposition. La France exportait beaucoup mieux quand les Français mangeaient français. Pour être performant à l’export, il faut conserver la maîtrise de son marché intérieur qui apporte stabilité, visibilité et débouchés viables aux productions. Le vin en est un très bon exemple : le marché français est très largement dominé par notre production, qui, grâce à ce tremplin, s’exporte très bien. Le marché français est l’un des plus importants et des plus solvables au monde, nous n’avons pas à en faire cadeaux à des pays qui ont recours massivement au dumping social et environnemental pour y écouler leur production bas de gamme qui vient déstabiliser la majorité des productions françaises dont le standard d’entrée de gamme est traditionnellement plus élevé.
Polyvalence des fermes :
La France est une exception historique : de par sa géographie très variée, elle maîtrise de longue date toutes les productions. Cette diversité est menacée. Nous ne devons plus abandonner nos filières soit disant les moins rentables, mais au contraire travailler à leur redressement.
Par ailleurs, le développement rural pratiqué par l’UE est un échec coûteux car il prétend faire vivre l’agriculture et les territoires ruraux d’activités non agricoles. Ces activités sont bénéfiques, mais ne peuvent constituer un socle économique et social satisfaisant si elles ne sont pas adossées à des productions agricoles rentables.
La mise en avant culturelle VS la globalisation :
Avec le libre-échange et la dérégulation des marchés, la globalisation impose des standards de production toujours plus bas. Cette mécanique ruine nos agriculteurs, notre santé et notre environnement. Elle fabrique des multinationales toujours plus grosses et plus puissantes, dont le seul objectif est de satisfaire les actionnaires. C’est cette mondialisation que nous combattons, pas l’idée d’échange que notre pays a toujours pratiqué avec succès. Mais pour cela, il faut des règles. C’est vital pour notre pays dont les productions sont, de longue date, associées à une image de qualité et de terroir.
Envisagez-vous un salaire commun pour les agriculteurs et faire de cette profession des salariés de l’Etat ? 

Non, il faut que les agriculteurs puissent vivre de leur production.

2) Pensez-vous aujourd’hui qu’il soit temps de changer la fiscalité agricole afin que nous soyons plus compétitifs avec nos voisins Européens et mondiaux ?

Le dumping de nos concurrents ne concerne pas que la fiscalité, il cible également les normes sociales et environnementales. Nous voulons une agriculture qui corresponde aux attentes légitimes de nos concitoyens. Aucune production qui ne pourrait être produite dans notre pays ne devrait pouvoir y être importée. Cela n’exclut pas d’alléger la fiscalité et les charges sociales. Nous souhaitons, entre autres, supprimer les droits de succession sur les exploitations agricoles si l’activité est maintenue par un ou plusieurs héritiers.

3) Pensez-vous qu’en 2017 il serait intéressant de séparer le foncier de la production ? 

Non, car l’accès au foncier finirait par être monopolisé par des investisseurs toujours plus gros et concentrés. C’est ce mécanisme qui mène à la spoliation pure et simple des agriculteurs dans les pays en voie de développement. Il faut aussi protéger notre foncier agricole des appétits grandissants de certaines puissances comme la Chine.

4) Pour vous qui sont les agriculteurs de demain ? Et comment voyez vous l’avenir des exploitations lorsque les enfants sont partis étudier dans d’autres domaines comme le commerce, la pub, la communication, l’immobilier, l’informatique… ? Comment aider et redonner envie aux jeunes de reprendre des exploitations agricoles lorsqu’ils n’ont pas d’exploitation dans leur famille ?

 

Nous continuerons à perdre des fermes tant que celles-ci n’auront pas de débouchés viables à moyen terme. C’est la raison pour laquelle il est urgent d’agir sur les prix. Les aides à l’installation sont utiles, mais très insuffisantes dans le contexte actuel. Nous souhaitons, par exemple, impliquer les filières en bonifiant les prix payés aux jeunes agriculteurs. Sans cela, les transformateurs manqueront de matière première française dans moins de 10 ans. C’est un pari sur l’avenir qui ne peut que bénéficier à ces filières tout en redynamisant nos territoires ruraux qui en ont bien besoin !

5) Pensez-vous qu’il faut revoir l’éducation pour le domaine agricole ? Et comment voyez vous l’avenir de cet enseignement pour les élèves et les enseignants ?

Tout peut toujours être amélioré ! Notre enseignement agricole dispense des formations de qualité à des milliers d’élèves passionnés. L’urgence, c’est qu’ils puissent vivre de cette passion !

6) L’agriculture est principalement liée à l’alimentation ; pensez-vous que cela aille plus loin ?

Je pense que l’agriculture est fondamentale pour l’économie de notre pays et qu’elle est au centre des enjeux sociaux et économiques de nos territoires ruraux.  De la fourche à la fourchette, ça n’est pas seulement un slogan : c’est ce qui, par la gastronomie, les paysages, le patrimoine et la santé, unit les Français à leurs agriculteurs. Je pense aussi que ce lien très ancien doit être au coeur de notre politique agricole !

Agrophilia remercie madame Le Pen pour le temps qu’elle nous a consacré .

Retrouvez prochainement les autres candidats…