HACIENDA LA ESPERANZA – VACAS, LECHE Y DULCE DE LECHE

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Hasta luego Duraznillo, finie la forêt amazonienne, nous embarquons pour l’Equateur ! Deux jours de bus et de maladie plus tard (ah, la tourista…) nous arrivons à Montañita. Nous décidons de nous poser au Guacamayo, un petit hostel tenu par des argentins, les pieds dans l’eau. Au programme : surf, slackline, montage de vidéo et bien sûr la fête ! La ville est un melting-pot de nationalités : le spot est réputé pour ses vagues et pour ses boîtes ; argentins, vénézuéliens, péruviens et brésiliens affluent pour s’y installer. Détente et ambiance rastaman au rendez-vous.

Maxime est conquis : il avait commencé l’aventure avec nous avec pour objectif de s’installer en Equateur jusqu’en décembre, c’est donc à Montañita qu’il restera. Peut-être le croiserons nous de nouveau en Colombie… Les vagues ne suffisant pas à satisfaire le niveau de surf des Travelling Farmers, nous quittons Montañita pour Latacunga, dans la Sierra équatorienne. Nous nous arrêtons en chemin à Guayaquil, la capitale économique de l’Equateur. Nous avons l’immense plaisir d’être accueillis par Noémie, Santiago et Camila (couchsurfing) au cours du week-end ; ils nous ont montré de quel bois les équatoriens se chauffent lorsqu’il s’agit de s’amuser et de sortir…

Fini la rigolade. Avant d’entamer notre second séjour agricole, nous décidons de nous mettre à l’épreuve et de réaliser une grosse semaine sportive. Première étape à Baños, la ville des sports extrêmes en Equateur. Nous dédions notre première journée au VTT et nous n’avons pas lésiné : nous suivons la route des cascades, un sentier quelque peu touristique, avant de revenir à Baños (30 kilomètres aller-retour). Devant le manque de défi physique nous décidons de monter à la Casa del Arbol ; nous en bavons sévèrement (11 kilomètres et près de 1000 mètres de dénivelé) mais sommes récompensés par un magnifique sentier de VTT de descente. Enfin un peu d’adrénaline ! Nous dédions la matinée suivante à du canyoning avant de nous enfoncer dans les très réputées sources thermales de la ville.

Direction Latacunga ! La Hacienda la Esperanza est située à Culanguago, un petit village situé à 15 minutes de Latacunga, dans le centre de l’Equateur. Nous avons quelques jours d’avance sur le planning et décidons de faire le trek de Quilotoa, une marche de 4 jours entre canyons et volcans. La première journée s’avère relativement tranquille. Nous décidons de passer à la vitesse supérieure et de réaliser deux étapes du trek en une seule journée : nos 25 kilomètres et 8 heures de marche (bon, on a couru un peu…) nous permettent finalement d’admirer la lagune au terme d’une deuxième journée épuisante. Nous attaquons le tour de la lagune le lendemain.

Quand est-ce qu’on bosse ? Ne vous inquiétez pas, nous y voilà ! Suite au trek de Quilotoa, nous arrivons chez les Quintana, qui tiennent une hacienda. Une hacienda, c’est tout simplement une exploitation agricole. Osvaldo, Blanca, leur fille Zoé (5 ans) et Tequila, leur petit chien, nous y accueillent. Camy, leur fille aînée, étudie à Quito et revient les week-ends. L’exploitation tourne autour du bétail : cochons, dindes, chevaux, poules, veaux et surtout les vaches ! Quatorze belles vaches qu’il faudra traire et dont il faudra s’occuper tous les jours.

Pas le temps de niaiser, Osvaldo nous met dans le bain avec le programme-type de la journée : réveil à 4h du matin pour aller traire les vaches (1h environ), petit-déjeuner à 7h, travaux diverses dans la ferme de 8h à 13h30, déjeuner, puis nouvelle traite des vaches à 16h. Autant vous dire qu’à 20h, tout le monde dort.

Ici tout tourne autour des vaches. Chaque vache produit entre 20 et 30 litres de lait par jour. Comme nous l’explique Blanca, les vaches n’attendent pas : pas de vacances, Noël et les anniversaires se vivent en compagnie des vaches ! Pendant que Blanca ramène les vaches à l’étable, nous préparons tout le matériel : la nourriture (croquettes et sel), l’eau pour laver les pis, les trayeuses et les conteneurs. Les vaches arrivent, nous les attachons, lavons et séchons leurs pis. Trente minutes plus tard, les 14 vaches sont passées à la trayeuse ; nous filtrons le lait et le mettons au frais, en nous servant bien sûr quelques tasses au passage. Rien à voir avec le lait de supermarché ! Puis nous nettoyons l’ensemble du matériel et retournons nous coucher. Première partie de la journée achevée ! La traite est un travail intense : il faut faire vite et bien afin de ne pas perdre de temps. Blanca nous aura montré la voie pour que nous puissions la soutenir au mieux.

À 7h, Zoé et son petit chien Tequila viennent nous réveiller pour le petit-déjeuner. Au menu : café, lait chaud, pain et dulce de leche maison (miam). Le bonjour matinal et enthousiaste d’Osvaldo, en français, lance la deuxième partie de notre journée. De 8h à 13h30, nous participons à divers travaux au sein de la ferme : donner à manger et à boire aux veaux, cochons, poules et dindes, répandre le fumier dans les champs, couper les arbustes qui encombrent les champs (Yvan se faisant un malin plaisir à manier la machette), etc. La majeure partie du travail consistant à s’assurer que les vaches ont bien de quoi s’abreuver et se nourrir. Et rebelote : à 16h, nous allons de nouveau traire les vaches. La journée s’achève vers 17h30, et nous sommes fourbus ! Quelques tasses de lait un morceau de pain, un livre ou un film, et nous allons dormir.

Nous pensions assister à la naissance d’un veau en arrivant. Malheureusement, ce dernier est mort-né. Nous aurons donc dû creuser une tombe et enterrer l’animal. On ne s’apitoie pas, la mort fait partie intégrante de la vie avec les animaux. C’est le cycle de la vie, comme nous le rappellent Blanca et Osvaldo.

Cette première semaine aura été physiquement éprouvante (ce qui n’est pas pour nous déplaire). Les journées sont chaudes et arides, les nuits glaciales. Nous travaillons intensément, et profitons des moments de répit par une sieste occasionnelle dans l’herbe. Blanca nous impressionne. Levée à 4h, couchée à 20h, elle ne s’arrête jamais et travaille avec ardeur. Comme aime à le rappeler Osvaldo, elle est la « Jefa » (la chef). Son abnégation et sa discipline auront été source d’inspiration pour nous, farmers en plein apprentissage.

Le cadre est idyllique. Du haut de la colline surplombant l’Hacienda, nous nous plaisons à contempler les volcans environnant, notamment le Cotopaxi (5897 m) et son sommet enneigé. Nous fêtons mon anniversaire (Tanguy) le vendredi 28 octobre ; en guise de cadeau, après avoir soufflé les bougies, Osvaldo m’enfonce la tête dans le gâteau si généreusement acheté pour l’occasion. On ne cesse d’être stupéfaits devant la générosité des Quintana, qui nous ont si facilement intégré à leur famille.

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Le week-end passé en leur compagnie est des plus agréables : nous assistons à la fête annuelle de Latacunga, au cours de laquelle défilent les clubs de caballeros (cavaliers) de toute la région. Le dimanche, nous décidons de gravir le Putzalahua (700 mètres de dénivelé) pour assister au lever du soleil. Un spectacle que nous n’oublierons pas de sitôt. Nous comptons rester encore une semaine, avant de nous en aller vers les contrées colombiennes.

Stay tuned, la vidéo arrive prochainement. 
Hasta luego amigos,