ALORS TOM, LES VACHES FRANÇAISES OU NÉO-ZÉLANDAISES ?

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Que pense un fils d’agriculteur français parti à l’antipode de chez lui pour découvrir le métier de laitier qu’il connait bien d’un point de vue différent ? Il nous parle de son expérience, de ses doutes, ses envies… Sa vision du monde laitier a t-elle changée depuis ? Même bête, même métier, différent pays.

« – My name is Tom. J’ai 21 ans et cela fait maintenant 1 an et demi que je vis en Nouvelle-Zélande. Je suis venu ici (juste après avoir passé mon BTSA) pour travailler, apprendre et visiter le pays. La NZ n’était pas un objectif pour moi, je voulais juste travailler quelques mois à l’étranger après mon BTS. C’est pour cela que je regardais les annonces de job à l’étranger et j’ai trouvé celle-ci qui me correspondait parfaitement… Je travaille donc depuis le départ dans une ferme laitière, de taille importante (1800 vaches, traites 2 fois par jour dans un roto de 80 places, avec 500 ha de pâturages  pour l’alimentation des vaches, qui ne reçoivent que de l’herbe).

Le système laitier Neo-Zélandais est basé uniquement sur le pâturage  (herbe plus betteraves et choux fourragers pendant le tarissement). C’est donc un système intéressant au niveau économique (raison number one pour laquelle ce système fût choisi). En effet, les coûts de production sont très peu élevés grâce à la ration uniquement herbagère. De plus, les charges de bâtiment  (seulement le roto de traite) et des matériels  (un tracteur et quelques motos) sont très faibles, ainsi que la main d’oeuvre  (seulement 6 personnes travaillent actuellement sur la ferme, et 10 durant les 3 mois de vêlages). Ces données démontrent bien un système économique très performant permettant de continuer à avoir des résultats très satisfaisants même en années de crise,  ce qui est plus compliqué en Europe.

Cette productivité « hors norme » cache un peu les problèmes écologiques rencontrés par l’industrie laitière ici. Les fermes polluent, ce n’est sûrement pas une surprise lorsque l’on connait le chargement de près de 4 vaches à l’hectare dans ces fermes. Beaucoup d’eau est utilisée pour irriguer, car la pousse de l’herbe est impossible sans celle-ci dans les grandes régions laitières Néo-Zélandaises. Il faut encore ajouter à ceci l’utilisation de l’engrais importante sur les prairies.

Ce système économiquement très performant n’est donc pas environnementalement irréprochable. Les conditions de travail et les salaires évoluent par contre dans le bon sens pour les ouvriers de ces fermes, tout est très contrôlé !

J’apprends encore beaucoup de ce système qui m’a finalement peu surpris, mais énormément appris et ouvert l’esprit. Tout de même je fus très étonné par le désintérêt des veaux, surtout les mâles, vendus à l’âge de 4 jours…

Si je devais m’installer un jour en France, je garderais beaucoup d’idées d’ici. Ce qui est normal je pense, puisque la NZ à plus d’une longueur d’avance sur l’Europe et la France, pourtant productrice de lait historique contrairement au pays du mouton, qui lui a su tirer son épingle du jeu Mondial avec succès. La France peut avoir un bel avenir dans l’élevage laitier mais il lui faudra changer, même si elle n’obtiendrait certainement jamais le niveau Néo-Zélandais (à cause de sa culture, son climat…). »