L’AGRICULTURE : UN SECTEUR EN PLEIN DANS LA COM’ & LA PUB

claudel


Dans quelle mesure un secteur peut-il être qualifié à être apte à supporter la pression médiatique ? Agrophilia s’est alors questionnée sur la position de la communication et de sa force face à un secteur parfois difficile à catégoriser : l’Agriculture.

De nos jours, nous sommes dans une société en réelle dépendance avec la consommation et nous avons en quelque sorte délaissé le média de masse tant répandu : la télévision contre la consommation des médias sociaux tel Facebook avec les divers groupes mis en évidence. Le mobile est quand à lui un média à part entière qui en transmettant, communique et devient une habitude. Qui aujourd’hui part au travail ou en weekend sans son téléphone mobile ? Les résultats seraient hallucinants si la question était posée en pleine conférence. L’exemple du secteur agricole va être une bonne représentation dans la société où nous vivons sachons qu’ils sont de plus en plus adeptes des nouvelles technologies.

Tout d’abord, il parait important de remettre des définitions sur des termes employés à tire-larigot qui perdent totalement de leur sens. Réduit à trois mots sur une feuille de papier alors qu’en réalité la première définition représente une multitude de concepts et s’écrit sur une dizaine de pages et même certains professionnels aujourd’hui ont du mal à tout catégoriser. Est-ce que tout simplifier est la solution pour transmettre la connaissance ? Est-ce que sensibiliser par des films comme Demain tant apprécié par le grand public est la solution à tous les problèmes rencontrés ? Trop réduire, ne serait-il pas plutôt une perte de connaissance et rendre opaque un terme, ou une idée tant importante pour la solvabilité d’une autre problématique ?

Alors, un petit lexique s’impose: (via le dictionnaire que nous connaissons tous: Larousse)

  • Sciences de l’information et de la communication : savoir et disciplines relatifs aux techniques d’information (bibliologie, documentation, journalisme, télématique, etc.).
  • Communication : Action, fait de communiquer, de transmettre quelque chose.
  • Communication audiovisuelle : toute mise à disposition du public ou de certains publics, par un procédé de télécommunication, de signes, signaux, écrits, images, sons ou messages de toute nature qui n’ont pas le caractère d’une correspondance privée.
  • Publicité : Activité ayant pour but de faire connaître une marque, d’inciter le public à acheter un produit, à utiliser tel service, etc. ; ensemble des moyens et techniques employés à cet effet (abréviation familière pub).
  • Marketing : Ensemble des actions qui ont pour objet de connaître, de prévoir et, éventuellement, de stimuler les besoins des consommateurs à l’égard des biens et des services et d’adapter la production et la commercialisation aux besoins ainsi précisés.
  • Agriculture : Plus généralement, ensemble des activités développées par l’homme, dans un milieu biologique et socio-économique donné, pour obtenir les produits végétaux et animaux qui lui sont utiles, en particulier ceux destinés à son alimentation.
  • Agriculteur : Personne dont l’activité a pour objet la culture du sol ; exploitant agricole.
  • Paysan : Personne qui vit à la campagne de ses activités agricoles. (Ces synonymes sont souvent employés à cause du sens péjoratif du mot.)
  • Environnement : Ensemble des éléments objectifs (qualité de l’air, bruit, etc.) et subjectifs (beauté d’un paysage, qualité d’un site, etc.) constituant le cadre de vie d’un individu.
  • Agroécologie : Je vous laisse lire le site du Ministère et rappelle que cette définition et longue et complexe.
  • Bio : Sans engrais, ni pesticides de synthèse ; naturel.

Maintenant que les concepts phares sont décris nous allons pouvoir commencer.

D’un point de vue médiatique, le spectaculaire devient monnaie courante et le sensationnel trouve sa place partout. Mais pourquoi, un tel engouement à vouloir créer du suspense, et voir les réactions du public s’enflammer. Cette espèce de chimie parfois malsaine chez certains médias se réalisent car nous sommes dans une ère où l’information est tellement mélangée à de la vidéo drôle et des repas de famille que même sur Facebook, entre canulars et vérités, la frontière s’estompe peu à peu. La faute des médias traditionnels ? Peut-être que oui et peut-être que non… Comment survivre sur une planète où les Hommes ne se souviennent que des articles aux plus de like. Le choix est vite fait, faites un tour sur votre mur Facebook et regardez quelle vidéo à le plus de like entre une conférence et une vidéo d’un chat qui s’agrippe à une peluche ? La réponse est là !

Voici une vidéo où Christophe Grison avait expliqué un fait assez intéressant des émissions et de leurs choix d’interviews:

L’environnement, oh oui, ce beau mot qui en 2016 se retrouve dans toutes les discussions alors que les inventions agro-écologiques, bio et raisonnées ne sont pas des découvertes. La COP21 a montré sur la scène médiatique l’importance de l’environnement et les citoyens se questionnent encore sur la légitimité de ce type de rassemblements internationaux. A en croire les médias, l’environnement est une priorité depuis 2 ans. Certains agriculteurs ont été considérés comme fous à l’époque même par certaines institutions très connues et reconnues. Les pratiques ont évolué et mettre tout le monde dans le même panier n’est pas une réalité. Le bio est lui aussi partout synonyme de naturel. Oui, mais comment ? Comment qualifie-t-on le bio ? Sur la scène internationale… ? Si nous devions suivre ce que disent toutes les grandes plateformes, le bio c’est « super » puis des incidents arrivent, ne sont pas communiqués aux lecteurs et quand la pression monte, les médias s’empressent de faire un reportage sur les mauvaises pratiques. La réputation de certaines sociétés baissent alors mais personnes ne dit rien. Des agriculteurs en périssent aussi comme avec les campagnes chocs :

Est-ce la solution ? Le choc est-il la réponse pour stopper la consommation de viande ? Est-ce que tous les producteurs ont le même système de production partout ? Pouvons-nous tous les mettre dans une case ? La France doit-elle changer ses produits de luxe tant exportés ? Doit-elle changer son offre ? Comment doit-on jauger ce que fait telle ou telle entreprise ? De nombreuses entreprises familiales ont tout de même gardé le savoir-faire et la préservation des règles comme:

Faut-il alors trouver des restrictions égales à celles des OGM ? Pourquoi l’alimentaire et le non alimentaire sont ils considérés si différemment ? Comme l’Australie qui n’utilise pas d’OGM mais produit pourtant du coton OGM. Tous les pays n’ont pas la même conception de l’élevage, de la production, de la qualité, de la maltraitance… Dans divers pays j’ai été surprise de voir la production agricole être complètement différente de celle que nous avons en France. La surface, la grandeur des exploitations et du nombre d’animaux par hectare… n’est pas le même en fonction des Etats et surtout l’agriculture est définie comme simplement du business dans certains pays.

C’est donc du choc à la propagande…

La transparence peut-être désignée comme solution et montrer des reportages sans rien cacher et sans voix off qui s’empresse de modifier parfois ce que dit la personne. L’informatique a donc propulsé le montage sous toutes ses formes. Entre images retouchées et vidéos coupées, on a la totale.

On peut montrer ce que l’on veut …

Si nous considérons la transparence, plus aucun trafic ne devrait être fait, le producteur pourrait parler de ses produits sans stress et sans crainte d’être modifié. L’émission Strip Tease le reflète plutôt bien sur nos petits écrans. L’information ne doit plus être synonyme de rapidité et de zapping mais une explication construite qui sert aux diverses générations pour les cours, les projets, les soirées, la culture G… L’Homme peut ainsi se faire sa propre opinion et obtenir un contenu neutre.

La transparence passe également avec le Green Marketing.

Le tourisme l’utilise beaucoup pour montrer certains espaces « naturels » et de grands univers. La NZ est diffusée partout comme un endroit pure et pourtant lorsque l’on va plus loin, on se demande si le vert est vraiment le terme exact. Ne sont-ils pas Green malgré eux ? La prévention est moins d’actualité là-bas et le business prône. Un nouveau pays, certes, et comment? Le tourisme est avec l’agriculture les deux pôles importants du développement du pays mais lorsque nous comparons certaines pratiques, le durable n’est pas tout à fait ce que nous imaginons. Le 1080 est un sujet polémique et certains mène le combat en mentant et montrant de fausses images accusant parfois à tort. La transparence passe aussi par le fait de savoir si c’est primordial ou non. Certains agriculteurs nous ont démontré que OUI. Et d’autres NON.

bordeauxL’autre domaine est le VIN. Nous sommes un des leaders du domaine sur le marché international. Une force qui montre la culture, la connaissance et le luxe à la française avec un savoir-faire fabuleux comme les Bordeaux. D’autres pays ne suivent pas ces règles strictes. Doit-on devenir une production moins formelle ou continuer un élitisme des spiritueux ?

Le vin par exemple sur le sol NZ a montré une forme différente de consommation. Une bonne partie de la production est exportée: « cumulant médailles, notes, critiques élogieuses sur les marchés internationaux et sur les concours les plus renommés. » Le positionnement haut de gamme fait alors son entrée dans la stratégie avec des prix élevés, des vins lightnon boisés et capsules à vis… La communication devient ainsi un levier pour l’export: médias, internet, salons, concours… « Elle met en avant systématiquement, une marque ou un cépage plutôt qu’une origine, les récompenses, notes, critiques, médailles, mais aussi la Nouvelle-Zélande elle-même, ses habitants, son style de vie, sa nature, ses paysages. » Ils sont de véritables marchands où la com’ et les dégustations sur place sont importantes pour l’image. Après la qualité est-elle au rendez-vous face à la qualité communicationnelle ou révèle-t-elle plutôt une qualité entrepreneuriale.

Nous pouvons aussi associer les médias à la psychosociologie qui montre à tous ce que chaque personne consomme pour le faire devenir en une certaine norme. Les insectes en sont l’exemple. Consommer des insectes peut nous paraitre étrange pourtant une crevette ce n’est pas plus beau qu’un insecte et pourtant nous le dégustons lors de nos repas. L’Homme devient alors déviant et parfois stigmatisé en une catégorie de personne, alors que la consommation actuelle d’insecte augmente et demain elle ne sera pas bizarre et rentrera dans les moeurs.

bléPar ailleurs, le marketing est lui aussi un élément majeure dans l’image d’une marque, d’une personne et même d’un pays. Montrer l’évolution du cours du blé et donc prouver à la population que l’augmentation du prix de la baguette. Une sorte de preuve qui valide l’inflation réalisée.

logo_label_made_in_marseille_made_in_france_cristal_liminana_bleuLe made in … est une notion importante du marketing d’une marque vu qu’aujourd’hui un certain patriotisme s’instaure de plus en plus et les individus se remettent à consommer des produits « fabriqué en France, Italie, Espagne »… Mais que veut dire Made in ? Nous sommes loin de favoriser la production d’un pays en consommant du Made in France par exemple. A vos souris, cliquez!

Pour terminer, je vais me concentrer sur le regard du peuple sur l’agriculteur et comment l’agriculteur se comporte. Dans le système hiérarchique à l’époque d’Edo au Japon nous pouvons remarquer que même si la notion de castes n’est pas majeure au Japon, la position reste tout de même importante. Les « paysans » font partie du haut de la hiérarchie car ils créent. C’est très significatif de la culture Japonaise car ce pays est un berceau du savoir-faire. C’est magnifique de voir comment des gens transmettent leur savoir de génération en génération.

A contrario, la signification de paysan et agriculteur dans les pays développés occidentaux expriment des personnes qui ne bougent pas, pauvres (même parfois) et même aujourd’hui dans nos sociétés post-modernes les analystes les lient au FN (Front National). Pourquoi, une telle différence. Les médias ont fait perdurer l’image de l’agriculteur de « base » avec « L’Amour est dans le pré« . L’agriculteur est celui qui crée la matière première et est loin d’ère bête. Il a changé et doit avoir de multiples connaissances (vente, la gestion, la techniques…). L’agriculture bouge et de nombreuses personnes n’imaginent pas le monde de l’intérieur.

L’agriculteur peut être aussi sexy !

Donc, les médias communiquent et transmettent la connaissance mais il ne faut pas tomber dans la transformation d’information et de mettre en avant le secteur agricole que d’une seule manière. L’agriculture est diversifiée et un agriculteur est unique. Notre voisin n’est pas obligatoirement pareil que nous alors qu’il travaille lui aussi la terre et une personne n’est pas le reflet de tous. Il est donc intéressant de faire attention aux images qui circulent et n’hésitez pas à aller visiter le SIMA au lieu de rester au Salon de l’agriculture. Aux mêmes dates à Paris. deux salons du même secteur mais pourtant si différents !

Donc, n’oubliez pas que la force du peuple est la connaissance et Idriss Aberkane rappelle bien cette notion importante: « quand on partage un bien matériel, on le divise. Quand on partage un bien immatériel, on le multiplie. »