DURAZNILLO – DÉPUCELAGE EN TERRE AGRICOLE


Bienvenido a Peru !

Cela fait près d’un mois que nous avons atterri au Pérou et tu rages de ne pas avoir de news ? Pas de soucis, nous rectifions le tir !

Deux escales et 30 heures de vol plus tard, nous voilà finalement à Lima. Le moral est au beau fixe : l’aventure commence enfin ! Nous décidons de loger en couchsurfing dans une colocation d’une dizaine de péruviens.  Nous avons prévu de rester quelques jours seulement afin de découvrir Lima, sa gastronomie et sa vie nocturne en compagnie de notre hôte, Eddy. Un invité de marque s’ajoute au groupe : Maxime a décidé de nous rejoindre durant le premier mois de notre voyage. Il s’arrêtera ensuite en Equateur pour y travailler et apprendre l’espagnol.

Nous garderons un souvenir impérissable de ces quelques jours à Lima au cours desquels nous aurons rencontrés un myriade de péruviens qui nous auront marqué par leur curiosité, leur joie de vivre et leur sens de la fête. Trêve de plaisanterie, nous quittons Lima pour des contrées plus inhospitalières.



Sur la route de Duraznillo, le village dans lequel nous allons travailler, se situe Huaraz, capitale des treks et de l’escalade de la Cordillère Blanche. Intrépides marcheurs que nous sommes, nous décidons d’y faire une escale pour en découvrir les sommets. C’est donc chargés de nourriture, tentes et duvets que nous entamons le trek de Santa Cruz (4 jours), qui nous amènera à 4750 mètres d’altitude et nous fera dormir à des températures proches de -10°C. Ces quelques jours d’efforts physiques intenses, loin de l’agitation et de l’excitation urbaines nous auront ressourcé et préparé à affronter la forêt amazonienne.


Duraznillo

Direction Duraznillo ! Nous rejoignons finalement Chachapoyas en bus, puis nous nous enfonçons quatre heures durant dans la luxuriante Amazonie péruvienne pour rejoindre le village. Pas d’exploitation agro-industrielle en vue : Duraznillo est un petit village de quelques centaines d’habitants qui dispose de l’électricité depuis deux ans et n’est relié à la route que depuis deux mois. Dépaysement et expérience authentique assurés : pas de touristes, pas d’eau chaude, et les gamins s’amusent à chasser les tarentules pour se distraire. Tout pour nous plaire donc !

De gauche à droite, Jey, Giancarlos et Arnold

On nous apprend rapidement que la forêt amazonienne est divisée en parcelles, que les autorités locales octroient aux familles péruviennes. Chaque famille dispose donc de sa propre parcelle de terre, la chacra, qu’elle cultive et entretient afin de subvenir à ses propres besoins. On nous propose d’entrée de jeu de nous séparer et d’intégrer chacun une famille différente afin de vivre l’expérience à fond. Yvan se dirige chez Sabino, Maribel, Jey et Mileni, tandis que Maxime et moi allons chez Abel, Paula, Giancarlos et Arnold. Au cours d’un premier dîner, nous découvrons les aliments que nous récolterons par la suite : yucas, avocats, bananes plantains, pois et café entre autres. Le riz et les pâtes sont les seuls produits notables importés.

Nos journées sont donc rythmées par les allées et venues régulières à la chacra. Nous en ramenons principalement trois produits : du bois (cuisine au feu de bois oblige), de la yuca (un genre de manioc) et des bananes plantains. Cuites dans l’eau bouillante, ces deux dernières accompagneront la quasi-totalité de nos repas. Le terrain, largement en pente, est situé à 45 minutes à pied du village. Pour la récolte, pas d’autres outils nécessaires que la machette, des sacs et nos bras. On nous apprend donc à déterrer la yuca, à manier la machette et à entretenir les bananiers. Le retour au village constituera le gros du travail, puisqu’il nous faudra ramener le lourd fruit de notre labeur. Un travail physique auquel s’adonnent Abel et Sabino sans broncher, ce qui n’aura cessé de nous rendre admiratifs et respectueux.



Max, la diva de la chacra

Outre le bois, la yuca et les bananes, la chacra recèle bien d’autres produits. Au cours de notre séjour, nous aurons donc eu l’opportunité de récolter des carottes, déterrer la bituca (autre genre de tubercule), cueillir des pois, des oranges et divers fruits. Les habitants de Duraznillo cultivent également du maïs, des avocats et des ananas, mais mauvaise saison oblige, nous n’aurons pas eu l’opportunité de nous en occuper.

 La culture majeure du village reste le café. Elle est le gagne-pain de chacune des familles. Nous arrivons à la fin de la période de récolte. Le caféier se présente sous la forme d’un plant qui produits les grains de café, récoltés à la main.

Les plants de café

Paula nous initie à l’ensemble du processus de transformation du café. C’est donc dans la perspective de déguster un délicieux café préparé par nos soins que nous apprenons d’abord à le laver. Armé d’une grille de maillage, nous nous attachons ensuite à enlever la peau des grains de café, avant de les laisser sécher une dizaine de jours à minima. La récolte annuelle d’Abel et Paula monte à 700 kg environ. Les grains sont vendus à une coopérativeI à un prix de 2€ le kilo. Pour le café que nous destinons à nos papilles, nous employons une méthode alternative : nous le pilons manuellement afin d’en extraire les grains ; ces derniers sont ensuite cuits à feu très vifs avant d’être moulus à la main. Et le voilà dans nos tasses 30 minutes plus tard !


Aux animaux de la basse-cour maintenant ! Nous aurons eu la chance de déguster une poule de Maribel, et des cuys de Paula. Le cuy, un genre de cochon d’Inde, est une spécialité péruvienne. Paula en dispose d’un élevage. C’est avec curiosité, stupéfaction et un certain dégoût que nous avons vu Isabel (qui habite chez Abel et Paula) lui tordre le cou, le plumer et le vider. Même procédé pour la poule, qui n’aura pas réussi à nous échapper au terme d’une course-poursuite effrénée. La viande reste une denrée rare servie en des occasions spéciales (les 50 ans de l’école du village en l’occurrence), nous prenons donc soin de déguster le cuy  et le caldo de gallina (bouillon au poulet) préparés !


Le match de foot quotidien achève la journée de travail.. Pour jouer, il faut payer, et l’équipe gagnante repart avec la mise totale (1,50€ par personne environ). Nous sommes au regret de vous annoncer que nous avons dû puiser abondamment dans la cagnotte pour financer les pertes colossales et le niveau de jeu déplorable d’Yvan. Par chance, le haut niveau de volley de Tanguy lui aura permis de s’imposer au milieu des femmes (le foot pour les hommes, le volley pour les femmes) et de rembourser sa dette.


Le monstre terrassé

Nous aurons également passé beaucoup de temps avec les enfants. Ils nous auront notamment appris à déloger les tarentules. Ici, serpents, araignées et fourmis rouges font partie du quotidien. Pas d’inquiétude, ils ne rentrent pas dans les maisons. C’est ce que l’on pensait du moins, jusqu’à ce que Maxime se réveille en pleine nuit avec un scorpion dans son lit et une piqure à la tête. Quelques instants de panique plus tard, on nous apprend qu’il s’agit d’un alacran, un cousin non venimeux du scorpion. Bon, pour ne pas vous mentir, on était quand même pas très sereins.

Au cours du week-end que nous avons passé à Duraznillo, Abel et Sabino nous ont emmené visiter des ruines incas dans les montagnes environnantes. On peut vous assurer que jamais on ne pensait voir l’Amazonie d’aussi près.



 Plus que le travail agricole, c’est bien la vie rurale qui nous aura marqué au cours de ce premier farming trip. L’ensemble du village nous aura accueilli à bras ouverts et notre séjour aura été ponctué d’une multitude de rencontres et d’échanges. Ici, on se plaît à nous dire que tout est naturel et on nous questionne abondamment sur notre mode de vie en France. Nous aurons longuement pu mettre en perspective nos vies de stagiaire et de fermiers.

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 Et maintenant direction l’Equateur !