ZIEGEN KÄSEREI DANS LE DREILÄNDERECK !

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Re-situons. Nous sommes arrivées sur notre dernier wwoofing à Bertsdorf-Hörnitz en Allemagne, un mardi soir, le 12 juillet. Nous ne le savons pas encore mais ce lieu regorge de spécificités et de surprises !

Dreiländereck !

Le village est classé « un des plus beaux villages d’Allemagne » et il se situe dans un Dreiländereck : « un coin de 3 pays » en Saxonie. Faîtes 5km à l’Ouest vous serez en République Tchèque, 10km à l’Est en Pologne ! Nous sommes dans l’ex-RDA ce qui crée aussi des particularités… La région est assez industrielle, on y voit encore des usines à charbon (surtout en Pologne) mais lorsque le minerai se fait rare, les usines sont arrêtées et les grandes carrières sont remplies d’eau pour former des lacs et donc une attraction touristique. La région est plutôt dynamique, du fait de ses frontières et de cette mixité : festival international du film, échanges scolaires…

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Découverte de la ferme

Nous rencontrons sur la ferme Agnès, Carsten et leur fille Rahel. Agnès est originaire de Munich, elle a appris à faire des fromages dans les Cévennes et a étudié la sociologie et l’agriculture à Berlin avant de rencontrer Carsten. Lui, il vient aussi de l’Ouest, il a étudié les sciences de l’agriculture à Berlin. Au début, il travaille à l’université pour l’institut de recherche et Agnès est prof en lycée agricole.

En 2004, ils se décident à acheter une ferme traditionnelle pour la rénover et élever des chèvres. Celle-ci est formée de trois bâtiments en U et de 30ha, d’un seul tenant, qui s’étendent à l’arrière de la ferme sur 100m de large et 2km de long ! En RDA, on trouvait 3 degrés de collectivisation des fermes : 1-les champs sont mis en commun, 2-le bétail et les champs sont mis en commun, 3-création de grande coopérative (ferme-usine). Après la chute du mur, cette région agricole, qui était au degré 1 de collectivisation, s’est facilement ré-individualisée. On trouve sur la ferme : 60 chèvres Thüringer Waldziege, une trentaine de poules, 5 cochons à l’engraissement en hiver, une fromagerie, un four à bois, 30ha cultivés en prairie temporaire, avoine, épeautre, sarrasin, pois fourrager, pomme de terre, betterave fourragère. Cela permet une autonomie totale pour l’alimentation animale et la fertilisation des champs. La vente directe à la ferme est ouverte deux après-midis par semaine, Agnès fait le marché à Zittau le mercredi et une tournée de livraison en début de semaine.

En 2010, Rahel naît et le couple se pose beaucoup de questions sur leur travail chronophage et la vie de famille qu’ils souhaitent construire. Ils s’intéressent alors à la mono-traite qui consiste à traire les chèvres seulement le matin. Les pertes en quantité de lait sont de 30 % mais le temps gagné est considérable ! Depuis, ce rythme de croisière est appréciable même s’il reste des pics de travail incompressibles comme les foins, les naissances, les 2 traites au début de la lactation, etc.

Pour ce qui est des produits transformés, Agnès doit aussi s’adapter à la clientèle au fur à mesure des années. En effet, les fromages qu’elle apprécie et qu’elle a appris à confectionner dans les Cévennes ne sont pas toujours au goût des consommateurs ou aux normes d’hygiène allemandes. Elle investit alors dans un fumoir pour fumer des fromages dont les clients raffolent. De même, sur les conseils de son boucher, elle se met à vendre le gras de porc (qu’elle avait l’habitude de jeter) car les locaux aiment cuisiner avec. Comme quoi, on peut toujours tenter d’éduquer les gens à des produits dont ils n’ont pas l’habitude mais il faut aussi savoir répondre à leurs demandes !

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Notre intégration !

Nous sommes installées dans une jolie petite chambre rénovée de la maison et nous trouvons rapidement nos marques sur la ferme et dans la vie de famille. On sent que nos expériences précédentes nous aident à nous adapter et nous donnent confiance.

Au début, nous travaillons avec Madeleine, la salariée, puis elle prend quelques jours de repos. Agnès nous fait très vite confiance et nous laisse faire, toutes seules, la traite, les parcs, les trajets avec les chèvres et l’alimentation matin et soir. C’est très instructif de devoir se débrouiller par nous-même mais on avouera avoir eu beaucoup de mal pour mener les chèvres au champ tous les jours ! A ce qui paraît, on manquerait d’autorité (nous ?! Nooon!). Marie passe quelques fois à la fromagerie, Agnès est ravie de transmettre ses connaissances. Elle confectionne des fromages frais, des fromages type camembert, des munsters et des fumés.

Les matinées sont rythmées mais le reste de la journée est plus calme, on prend le temps de faire de bons repas, des pauses goûter. On refait le monde tous les soirs, on passe notre temps à jouer avec Rahel et on découvre les alentours…

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Les pauses estivales

C’est quand même le mois de juillet, ici aussi, et ce n’est pas parce que l’on fait du wwoofing que l’on ne profite pas de l’été et des vacances ! Comme beaucoup d’allemands, Carsten et Agnès sont fanas de baignade ! Nous passons plusieurs après-midis au bord de différents lacs ou piscines en plein-air même si on se fait souvent surprendre par une averse ! Nous sommes aussi invitées à des barbecues avec leurs amis.

Ce mois à Bertsdorf passe bien vite, d’autant plus, que Pauline reçoit la visite d’Adrien ! Ils en profitent pour faire quelques jours de vélo entre République Tchèque, Allemagne et Pologne pour finalement atterrir dans un petit festival polonais recommandé par Agnès « Stacja Wolimierz ». Le lieu est atypique, une ancienne gare au milieu de nul part refondée en galerie d’art et scène de concert. Ambiance hippie, famille, yoga la journée ; groupes hétéroclites, dub station la nuit. Marie y passe aussi une après-midi lors d’une sortie avec la famille.

Mais les vacances sont déjà finies, la rentrée de Rahel se prépare… et notre départ aussi ! Oui, en Saxonie, l’école reprend dès le 8 août cette année et Rahel rentre en 1ère classe ! La tradition fait que toute la famille se déplace pour fêter l’événement à la maison. Tout ce petit monde visite l’école et assiste à un spectacle monté par les élèves plus âgés. Enfin, l’enfant reçoit un « Schultüte » confectionné par ses parents: cône rempli de gourmandises sucrées et de petits cadeaux pour marquer le coup.

Nous profitons de cette euphorie et cette belle réunion de famille pour nous éclipser à la conquête de l’Allemagne de l’Est !

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