HONG-KONG VS SINGAPOUR

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En arrivant à Hong-Kong, je change complètement d’atmosphère et commence à m’inquiéter de ce que je vais bien pouvoir trouver dans cette ville qui abrite plus de magasins de luxe que de carottes et qui bouge à 1000km/h. Je voulais toutefois aller à la découverte de ces deux villes afin de comprendre comment des villes comme cela peuvent se nourrir et pourquoi pas produire.

A l’aéroport d’HK je discute avec une locale afin d’en savoir plus et elle me fait comprendre qu’en terme de ferme c’est a oublier ou qu’il va être complexe de pouvoir communiquer avec les résidents Hong-Kongais. Je me laisse pas abattre et après avoir trouvé ma place dans un dortoir plutôt satisfaisant je commence à planifier mes quelques jours là-bas.

Après avoir marché et observé les alentours avec un autre Français, François, je prends un bus qui m’emmène à environ 1h30 du centre et vais visiter une ferme urbaine qui sensibilise les jeunes et les moins jeunes sur les pratiques à adopter. Et oui! HK et SG sont plutôt des villes optimisant les fermes urbaines que les grandes exploitations sur plusieurs hectares.

J’ai décidé de vous raconter mon expérience à travers ma visite de la ferme de Kadoorie et le jardin botanique.

« Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne. » Albert Einstein 

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Sir Horace Kadoorie

De nos jours, l’ensemble du monde a bien changé. En 1941, 1.5 millions de personnes vivaient à HK et après l’occupation Japonaise la population n’était plus que de 600 000. Cette année-là une masse de réfugiés se fit et la population gonfla à 1.5 millions. Les deux frères Lord Lawrence et Sir Horace Kadoorie ont souhaité que les individus puissent être « autonomes » et « indépendants » afin qu’ils puissent obtenir « dignité » et « sécurité » dans leurs vies.

Depuis cette période-ci, la plupart des réfugiés chinois étaient agriculteurs et il était très important qu’ils puissent avoir leur propre gagne-pain. C’est pourquoi, le 28 Septembre 1951, le « Kadoorie Agricultural Aid Association » (K.A.A.A) a été créé avec l’aide du gouvernement. Les membres fondateurs sont: Lawrence, Horace Kadoorie, Norman Wright et Woo Ting Sang.

En 1998, KFBG (Kadoorie Farm Botanic Garden) a été étendue jusque dans le Sud de la Chine afin de pouvoir mettre en relief l’importance de prendre soin de l’environnement et d’avoir un mode de vie durable à travers la coopération entre les diverses agences environnementales, les établissements scolaires et les ONG.

Tout d’abord, il est important de remarquer qu’aujourd’hui la plupart des produits importés et exportés  utilisent du carburant. Généralement les citoyens HK sont rangés à la seconde place pour l’empreinte carbone par habitant. Les Hong-Kongais sont très vulnérables aux prix et à la quantité disponible de carburant et donc aussi de la nourriture. C’est pourquoi, ils se lancent dans l’élaboration de la production de leur propre nourriture.

Les terres cultivables de la région d’HK ont littéralement disparues de plus de 50% entre 1954 et 2000. Aujourd’hui, HK a 6700 hectares de terres restantes mais seulement 745 hectares sont activement cultivés. 40 000 hectares de terres cultivables sont nécessaires pour HK afin de faire pousser juste assez de légumes pour la population Hong-Kongaise de 7,5 millions.

« Saviez-vous que le système alimentaire mondialisé est un des plus gros consommateurs de combustibles fossiles? et un des plus gros producteurs de gaz à effet de serre? »

Par conséquent, ceci consomme plus d’énergies fossiles que l’énergie alimentaire fournie. De 1970 à 2010, l’autosuffisance maraichère Hong-Kongaise est passée de 70% à moins de 3%. De nos jours, plus de 90% de la nourriture consommée est importée. HK est donc très dépendant des changements liés aux prix et de la réserve de pétrole. C’est pourquoi, la production alimentaire d’un pays peut avoir des conséquences fortes sur la population nationale.

Nous pouvons alors nous demander si la France va rester dans les prochaines années toujours grande exportatrice agricole ou va-t-elle se replier sur son marché national? Suite aux diverses crises agricoles récentes, il est nécessaire de se questionner sur le futur de l’agriculture et la vision que nous voulons lui donner.

La ferme de Kadoorie nous rappelle que produire notre propre alimentation provient de la la relation que nous apportons à ce que nous mangeons. C’est donc en créant une vraie équipe de salariés et de volontaires qu’elle a pu enseigner aux individus de prendre conscience de l’envie de vivre plus durablement et plus proche de la Terre qui nous donne notre VIE et place dans le monde.

L’agriculture biologique moderne est par définition basée sur des techniques de cultivation qui sont dans une « optique durable prenant en compte des aspects écologiques, sociaux et économiques ». L’harmonie peut alors s’instaurer entre le développement agricole et la conservation. Diverses mises en avant d’un système durable sont à observer dans cette ferme urbaine pédagogique:

  1. Caractéristique de l’eau: elle n’a pas seulement pour vocation la pousse aquatique des plantes mais aussi pour fournir un habitat pour la vie sauvage comme les grenouilles et les libellules ce qui aide le contrôle les insectes ravageurs.
  2. Cultiver dans un petit espace: C’EST POSSIBLE ! Même dans une ville telle qu’HK on peut faire pousser des choses. La localisation urbaine n’est plus un stop: une maison, un jardin communautaire alimentaire dans un parc, les écoles, les balcons, les roof tops,…
  3. Jardin en spirale: permet de planter une large variété de plantes avec différentes attentes pour grandir dans un petit espace. L’eau est drainée naturellement du top jusqu’en bas de la spirale. Les plantes pouvant être dans des conditions sèches pour grandir se positionnent en haut pendant que les plantes nécessitant plus d’eau dans les sols sont en bas. Les plantes doivent être aussi positionnées en fonction de leur demande d’ensoleillement.
  4. Jardin en container: C’est pratique et facile à utiliser même à l’intérieur et permet d’économiser votre argent!


Ensuite, des conseils sont donnés afin d’être productif avec du bio. Tout est prévu dans cette ferme afin de motiver les jeunes et les moins jeunes et transformer les mentalités.

  • Commencer avec un jardin de taille gérable
  • Utiliser le compost et les ressources recyclables quand c’est possible
  • Pratiquer le paillage pour économiser l’eau
  • Adopter une mixité de plantations qui font une utilisation de l’espace efficace (l’espace vertical également)
  • Faire grandir des cultures en adéquation de la saison
  • Assurer la fourniture continue et diverse de denrées alimentaires à travers de nombreuses variétés de plantes

Et ensuite, la ferme de Kadoorie propose également :

  • De prendre des cours sur la ferme et pouvoir savoir cultiver sa propre nourriture
  • Commencer à la maison, dans une communauté ou une ferme
  • Créer une communauté ou une ferme
  • Toujours suivre les principes de la ferme bio
  • Lire leur livre « Grow organic« 
  • Leur envoyer un email à: sla@kfbg.org

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Par ailleurs, en allant visiter le Lions Nature Education Center (Agriculture, Fisheries and Conservation Department) perdu un peu au loin de HK, j’ai également appris que HK non seulement d’avoir évolué comme le reste du monde à travers la mécanisation et la modernisation de l’agriculture elle a été toutefois très tournée vers la pêche. Le développement du secteur marin a joué un rôle très fort dans la continuité de la consommation de produits frais. L’AFCD (Agriculture, Fisheries and Conservation Department) a mis en place diverses mesures pour le développement de la pêche et donc par conséquent à aider les pêcheurs à être plus responsables… et laisser quelque chose au futures générations (même si aujourd’hui être pêcheur à HK n’est pas facile. cf le Nouvel OBS ). Tout est régulé et contrôlé afin que la qualité soit respectée. La partie management a aussi une place importante à ne pas négliger ce que nous pouvons également constater en France dans les exploitations.



Ainsi, 80% des produits venant de la pêche sont importer sur le sol Hong-Kongais et pour motiver les citoyens, un fort encouragement à la réalisation de coopératives est organisé, des conseils qui peuvent aider les pêcheurs pour acquérir d’autres connaissances, des aides financières par le biais de taux faibles pour emprunter…

Cette expérience Hong-Kongaise m’a alors fait prendre conscience que même en ville il est possible de trouver des solutions agricoles. Singapour a elle aussi plus de buildings que de fruits et légumes mais elle essaie de faire prendre conscience aux individus de l’impact du secteur primaire sur nos sociétés.



Si vous souhaitez plus d’information sur la ville, je vous propose d’aller voir mon article de la DL.
A très vite pour de nouvelles aventures en Thaïlande…