CONCLUSION DU JAPON

Pour conclure, le Japon est un très beau pays avec une identité nationale forte. Est-ce la résultante qu’ils n’aient jamais été sous la tutelle d’un autre Etat dans l’histoire ? De plus, le pays est composé d’une population vieillissante où le maître mot est le contrôle dans tous les sens du terme et dans toutes les situations. Contrôle dit par conséquent qu’il y a peu de hasard dans la vie nippone. Le temps que j’ai pu y séjourner m’a aussi amené à voir qu’ils ont peu de patience. Est-ce peut-être pour cela qu’on a une sensation de désintéressement pour l’agriculture face à l’ingénierie ? La conscience écolo est peu mise en relief et reste parfois nulle aux yeux des étrangers, tant dans l’agriculture que dans la consommation des japonais.

Ce pays est je pense l’un des plus sécurisés du monde. Jamais de faux pas… Mais est-ce un bien ou un mal ? Avec cette sécurité s’ajoute aussi une richesse culturelle formidable : comme l’art par exemple, malgré le manque de vestiges nationaux qui se ressent dû aux diverses catastrophes naturelles qui essuient le Japon. A croire que rien ne leur fait peur et qu’ils affrontent chaque problème afin d’en trouver une solution même s’ils suivent souvent des protocoles. C’est également le pays par excellence pour la politesse (voir même trop), le respect, la propreté et je rajouterai l’accessibilité car certains magasins sont ouverts tout le temps et d’autres ferment relativement tard, puis les routes et les transports en commun sont agréables. La délinquance est quasi-nulle et il y a peu de SDF.

Néanmoins, la jeunesse est esseulée et ne fait pas preuve de sociabilité en public comme nous avons pu le remarquer dans les transports où les filles sont d’un côté et les garçons de l’autre. Est-ce le résultat de la culture du jeu vidéo ? Ils ont peu de défoulement, ils sont sages et c’est à se demander si cette non collectivité creuse pas la solitude du genre humain japonais ? (à la différence de la Mongolie où l’on voit les jeunes et les moins jeunes faire la fête et vivre dehors comme en Corée du Sud). Suite à cela, je peux rajouter qu’il y a un désintéressement total pour les informations de leur société, ils suivent le mouvement.

La fameuse expression: « je pense, donc je suis » ne serait donc pas de rigueur ici, mais plutôt « je suis, donc je suis » ; comme s’ils se protégeaient du monde extérieur et du conflit ambiant qui règne sur Terre.

Ensuite, je dirai qu’il y a peu d’inégalités en terme de salaires après les étrangers ne sont pas les bienvenus et les femmes connaissent une place bien inférieure que les hommes. Après, si nous retournons la situation, est-ce que les hommes ont un réel droit sur l’éducation des enfants ? Le poids de leur présence dans l’enceinte familiale vu la pression et la rivalité masculine qu’ils doivent supporter au travail. De plus, une frustration amoureuse est visible et la quantité de love hôtels et de quartiers réservés à la sexualité le confirment.

Concernant l’agriculture, je dirai qu’elle reste encore manuelle ou avec un machinisme adapté à leur territoire avec de petits engins comme la fameuse marque: Kubota. Les terres sont pas faciles avec les montagnes et on a pas forcément l’impression que l’agriculture soit un souhait à part le riz qui est l’alimentation majeure et l’élément exporté du pays.

Un nombre important de serres couvrent le paysage et témoignent d’une volonté de contrôle et ceci est donc en adéquation avec les autres domaines qui sont eux aussi sous contrôle. Suite à l’exploration de la culture du pays, on comprend mieux leur vision agricole. Ensuite, il y a de nombreux petits champs et du maraichage pour servir le local. Il a par contre une absence de pâturage, les arbres fruitiers restent bredouillent et sont une denrée rares pour le pays, du moins chers. Lors de mes aventures dans le van, j’ai pu constater peu d’exploitations céréalières, de blé par exemple. Il y a un peu de maïs, mais cela est très différent de nos grands champs à la française.

Pour terminer, un dernier interview en bonus avec Yokiko

Peux te présenter en quelques mots ?

En quelques mots, ahah, je suis plutôt extravertie, j’aime la nature, voyager, nager, parler et donc partager.

Je suis allée au Chili pour un an d’échange durant le lycée comme ma soeur. Mes parents sont professeurs de géologie au lycée et par conséquent, j’ai toujours vécu avec des scientifiques et je terminerai en disant que j’aime étudier l’écologie et le développement humain.

J’ai aussi étudié l’économie internationale et l’écologie liée aux forêts d’où mon master en sciences de l’environnement (tout dépend de l’activité humaine pour la flore présente dans les forêts). Et aujourd’hui, je travaille en tant que consultante dans l’environnement pour les études environnementales. 

Où en est l’agriculture japonaise ? Y a t-il une crise comme en France ?

Je pense que le Japon est un pays très riche pour cultiver car il y a beaucoup de champs de riz, mais la population japonaise est maintenant en baisse et la consommation de riz est également en diminution à cause de l’occidentalisation de ce que nous mangeons, nous avons donc un excédent d’offre ce qui est un problème depuis longtemps. Pour les Japonais, le riz est la céréale importante du pays, et c’est pourquoi le gouvernement japonais a dans l’histoire mis en avant de nombreuses subventions et programmes d’avantages fiscaux pour protéger les producteurs de riz et aussi pour résoudre le problème d’excédent d’offre, il y a la politique de réduction de la production de riz.

Comment les lois et le gouvernement aident le secteur agricole ? Et pourquoi ?

Historiquement, le gouvernement japonais protège le secteur agricole par des subventions et le programme d’avantage fiscal. Le peuple japonais pensant que le riz est l’aliment le plus important, ils ne pouvaient pas le substituer à un autre et avoir plus d’importation.

« Je pense que le riz est collé à la culture japonaise. »

Penses tu que l’agriculture a un avenir dans votre pays ?

Je pense que oui, parce que le Japon est une île et il est nécessaire d’importer par navire. Donc c’est important de trouver des solutions de production. Ensuite, tout dépend de la façon dont sera traité le TPP (Trans -Pacifique Partenariat économique).

« Je pense que le Japon ne sera pas en mesure d’accepter le système de libre-échange. »

Que penses tu de la nourriture bio en comparaison à la biotechnologie ?

Je préfère le bio à la biotechnologie. Je pense qu’il y a encore une grande incertitude liée aux cultures transgéniques par leurs caractéristiques et de ce qu’elles apportent.

Est-ce qu’il ya beaucoup d’offres biologiques au Japon ?

Non pas tellement, même à Tokyo. J’ai entendu dire que le Japon à la norme de culture biologique (JAS Organic). C’est très stricte donc très peu d’agriculteurs peuvent se le permettre.

As-tu d’autres informations concernant les ventes de produits agricoles ?


Je ne connais pas la situation de la France mais je peux dire qu’au Japon, de nombreux agriculteurs ont une petite boutique ou  » boutique en vente directe  » en milieu rural. Les petits commerces sont comme des hangars, il n’y a pas réellement de magasins.

« Il est étonnant que personne ne vole des légumes !! »

Les boutiques en direct sont des magasins de légumes, et sont gérés par plusieurs agriculteurs ce qui est comparable à la boutique de coopérative.

Peux tu me parler des algues au Japon ?

Les Japonais aiment les algues, nous consommons plusieurs espèces de ces dernières. Nous mangeons « Wakame » (une des espèces d’algues) pour la soupe miso. « Konbu » est essentielle pour la consommation japonaise et est consommée dans en cuisine. Connaissez-vous « Onigiri » ? La boule de riz recouverte de papier noir. Ce papier noir est appelé « Nori », une autre espèce d’algues.


« Je pense que ce n’est pas très difficile à produire, en plus. »


« Wouah c’est impressionnant cette consommation d’algues au Japon. Peut-être est-ce une alternative pour nos futures consommations en occident? » me dis-je.

 

Y at-il des conséquences à Fukushima pour le domaine agricole ? Pourquoi ?

Il y eu beaucoup d’impacts pour l’agriculture par les accidents nucléaires de Fukushima . Maintenant, les cultures de Fukushima ont été mesurées pour la radioactivité, et presque rien a été détecté. (mais souvenons-nous de Maki qui disait qu’elle n’avait pas totalement confiance sur cette non contamination). Certains pays avaient interdit l’importation des cultures faites à Fukushima pour un certain nombre d’années, mais il est impressionnant de dire que beaucoup de gens ont peur des sources radioactives, comme un de mes amis qui est parti en Europe par peur de radioactivité.

 Quel âge est le plus propice à l’agriculture ?

De nos jours, l’âge est majoritairement vers la soixantaine, mais pour une entreprise à plus grande échelle, (les terres agricoles japonaises sont normalement très petites) , il est nécessaire d’avoir des connaissances concernant le monde de l’entreprise. Ceux qui ont une connaissance à la fois de l’agriculture et des affaires, devraient être des personnes plus jeunes. À Hokkaido , les terres agricoles par personne sont beaucoup plus grandes que la partie continentale du Japon, il est donc plus facile de trouver un successeur.

Quelle est la position de l’agriculture dans l’économie japonaise ? Pourquoi? Qu’est ce que tu en penses?

L’agriculture a une place très importante dans la société japonaise et dans la politique, mais au niveau de l’économie, ceci est difficile parce que les cultures japonaises sont chères et donc de nombreux aliments sont importés. Le Japon a un climat doux et beaucoup de terres fertiles, la productivité y est assez élevée (je pense). Néanmoins peu de gens veulent être agriculteur parce qu’ils pensent que c’est un travail difficile.

Penses tu que l’agriculture suit la culture japonaise ou inversement ?

Oui absolument. Je pense que l’agriculture, en particulier la culture de riz a fait la culture japonaise car: Les agriculteurs partagent la récolte entre chaque personne et la prise de décision se fait en groupe lors de discussions.

Penses tu que les nouvelles générations aiment l’agriculture ? Est-ce qu’elles veulent travailler dans ce domaine ? Pourquoi et comment? 

Cette question est très importante . Maintenant, l’agriculture au Japon n’est pas attrayante , car il est difficile d’avoir un avantage économique suffisant . La production de riz est très protégée par les lois et les subventions , s’il n’y avait pas de subventions , les producteurs de riz diminueraient et les prix augmenteraient . Le problème est le nombre de champs de riz qui est très faible dans la partie continentale du Japon et il est difficile d’être plus efficace avec moins de travail , comme en utilisant de grosses machines . Ainsi , les enfants d’agriculteurs ne peuvent pas avoir d’espoir dans l’agriculture .

Toutefois, les jeunes sont intéressés par la sécurité des aliments ou des aliments biologiques parce qu’il y a eu de nombreux problèmes avec la nourriture chinoise. Certains jeunes agriculteurs envisagent même de nouveaux business models n’utilisant pas les coopératives, mais seulement Internet par eux-mêmes.

Si tu devais qualifier l’agriculture en un mot, que serait-il ?

Wow , difficile. « La vie »?? Oui, je dirai cela.

J’ai adoré découvrir un nouveau pays que je n’imaginais pas du tout comme cela auparavant et remercie à la même occasion Miko, Kanaé, Yokiko et toutes mes autres rencontres pour leur aide si importante qui m’a permis de comprendre au mieux le Japon, cette terre méconnue pour moi.

Dernier petit bonus : une vidéo photo d’une de mes amies passionnée du Japon qui m’a fait un résumé en images de ce qu’elle avait vu au Japon.

Image des couverts à la japonaise comme prévu :

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