LES JARDINS SUSPENDUS DE MAMBA PARK

Osaka étouffe. C’est donc par ce constat alarmant qu’a été décidé l’ouverture des jardins suspendus de Namba Park. Véritable oasis végétal au coeur de la mégalopole, avec ses 5.300m2 de nature le Park offre aux habitants un nouveau souffle d’air pur. C’est sur le toit du centre commercial que nous avons pu nous promener parmi les plantes, fleurs et divers arbustes. L’aspect organique du bâtiment, et ses jardins en terrasses accessibles depuis le premier étage, permet de s’évader un court instant du brouhaha constant de la cité.

Nous avons commencé la visite par le dernier étage. Les terrasses à différents niveaux, ne correspondaient pas forcément aux étages ; mais plutôt à une pente douce. En haut, se côtoyaient beaucoup d’arbres et d’arbustes, principalement japonais, mais pas que, permettant à quelques bancs d’être ombragés. Les travailleurs du coin y venaient se reposer pendant leur heure de repas. Il y avait des oliviers, des sapins (et autre conifères), des orangers, bananiers… Mais aussi de nombreuses fleurs et plantes vertes. On sent la minutie du maître d’oeuvre dans cette harmonie végétale.Puis on descend progressivement, de paliers en paliers. Au détour de quelques oeuvres d’arts exposés dans les bacs à fleurs, on arrive sur une petite cascade, puis un minuscule bassin où vie un poisson.

C’est vrai que le pari est réussi, la diversité est là. On a rarement vu autant d’espèces différentes dans des espaces si proche ; plus de 300 espèces.

Evidement se pose la réflexion de l’aspect naturel, qui n’est pas vraiment respecté. On ne le cachera pas c’est un jardin contrôlé. Il n’y a pas de mauvaises herbes, pas d’insectes (ou très peu), et on imagine difficilement des lombrics dans ces sols. D’ailleurs on a pu constater plusieurs types de terres, parfois même dans un espace réduit. Et il y avait partout 5cm de couche de terreau. C’est sans surprise ; notamment lorsqu’on voit les jardiniers avec leurs baguettes ou petits ciseaux s’occuper de la moindre feuille morte. Ce point n’est pas étonnant quand on connait la tendance des japonais à tout contrôler dans leurs jardins traditionnels, alors sur le toit d’un centre commercial ..!

En revanche les oiseaux se plaisent ici, pendant notre visite nous avons compté pas moins de dix espèces.

On regrettera par contre de ne pas avoir pu découvrir les potagers. Nous avions vu avant notre arrivé qu’ici était mis à la disposition des riverains, plusieurs parcelles à cultiver. Cette idée nous ravissait et nous voulions en savoir un peu plus sur les techniques de culture dans ces fermes urbaines d’un nouveau genre. Mais lorsqu’on à demandé sur place quelques informations, personne n’a su nous aider, car personne n’était au courant. Cela témoigne bien du fait que ces alternatives ne sont pas encore ancrés dans les moeurs des citadins, et qu’Osaka malgré son souhait de reverdir les espaces urbains, est encore loin de ses objectifs.

On peut donc conclure que c’est un joli espace pour « prendre l’air », que l’imposante mixité de végétaux est une prouesse botanique remarquable, mais l’attrait de ce parc est surtout l’esthétisme et qu’il n’apporte pas de solution immédiate au manque de nature. En effet, bien que l’espace vert est immense, on est loin du parc sauvage. Les plantes vivraient mal, voir pas du tout pour certaines, sans la présence constante de l’homme et de leur produits chimiques et additifs. Ainsi le coût d’entretien du parc doit être conséquent, on voit mal comment il peut-être amorti à lui seul. D’autant plus qu’on notera l’absence quasi total de légumes et autres fruits, seulement quelques arbres fruitiers de petits gabarits, ce qui est un pari raté pour l’objectif de sécurité alimentaire, du moins dans le parc, car nous n’avons pas vu les potagers, mais nous savons qu’une parcelle de 10m2 se loue annuellement 520€ (on est loin du tarif de notre ami Shinji).

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