BAGAGGERA : SUITE ET … FIN !

Après 3 semaines enrichissantes à Bagaggera, nous souhaitons témoigner et partager la passion dont fait preuve Samuele pour son métier d’éleveur. Cette profession n’est pas toujours estimée à sa juste valeur et est souvent vue comme un travail ingrat. Les parents et les grands-parents de Samuele ont du mal à comprendre son choix. En effet, au temps de ses grands-parents, pendant la guerre, l’agriculture était vivrière ce qui engendrait un stress, une peur de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. C’est pour cela que les parents de Samuele se sont éloignés de ce secteur en se rendant compte qu’on pouvait vivre d’autre chose que de l’agriculture. Or Samuele a voulu faire ce métier malgré sa difficulté et souhaite aujourd’hui montrer à sa famille que l’agriculture n’est plus là même et qu’on peut le rendre noble et valorisant. D’autant plus qu’il travaille au sein de la « Fattoria Sociale Bagaggera » qui fait vivre beaucoup de monde passionné et aide à l’inclusion sociale. Ces personnes effectuent diverses tâches : élevage de chèvres, transformation du lait en fromage, du blé et de l’épeautre en pain ou biscuit, commercialisation des produits de la ferme et transmission de l’amour du métier aux plus jeunes.

Samuele s’occupe plus particulièrement de la gestion du troupeau de chèvres (entre autres choses). Tel un vrai passionné, il veut se tenir au courant des innovations et autres techniques de travail afin de remettre continuellement ses choix en question et de pouvoir se rendre compte que ceux-ci sont les plus cohérents avec sa vision de l’agriculture. L’autonomie est leur ligne de conduite même si celle-ci n’est pas totale pour le moment. Samuele s’est formé à l’insémination artificielle afin d’avoir une meilleure gestion de la reproduction et de pouvoir le faire au moment le plus propice (ce qui n’est pas toujours possible lorsque l’on fait appel à un vétérinaire). De plus, il a choisi de sélectionner ses chèvres selon la productivité laitière, la présence de cellules somatiques dans le lait, la forme de la mamelle et la porosité de cette dernière (pouvant faire augmenter les risques de contamination bactériologique). Cependant, seulement 30 % du cheptel est inséminé artificiellement suite à la demande de Cap’gènes (centre d’insémination caprine) pour augmenter le nombre de chèvres exempts de la maladie du CAEV. Ainsi, il va choisir plusieurs semences de boucs selon les caractéristiques génétiques dont il a besoin pour compléter ou corriger ceux des chèvres et aussi éviter la consanguinité (forte lors de l’insémination artificielle chez les caprins car il y a peu de boucs disponible pour la production de semences). La reproduction du reste du troupeau se fait par monte naturelle à l’aide des boucs de la ferme soigneusement choisit selon les critères de sélection et les caractéristiques des mères. En ce qui concerne l’alimentation, celle-ci est à base de fourrages sous forme de foin ou d’herbe fraîche produit sur la ferme. Seul bémol, ils n’ont pas suffisamment de terrain, notamment autour de la ferme, pour pouvoir être autonome en foin de luzerne. De plus, le complément qui est apporté sous forme de maïs et d’orge est acheté à une entreprise extérieure.

Samuele souhaiterait être plus avancé en terme d’autonomie d’autant plus qu’une marge de progression est possible. Cependant, le foncier est peu disponible autour de la ferme dû à la présence d’élevage de bovins laitiers et à la pression foncière liée à leur situation géographique (proche de Milan). Il y a présence d’une station de séchage en grange sur la ferme ce qui permet d’avoir du foin de meilleure qualité que celui conditionné en botte. Enfin, la transformation de la matière première et la commercialisation des produits en circuit court est un élément clé de la ferme selon Samuele et cela lui tient à cœur. Malgré cela, l’organisation du travail sur la ferme n’est pas toujours optimale et la place laissée à l’association « Corimbo » dans les activités de la ferme est toujours en progression et réflexion. Vous aurez l’occasion de découvrir une ferme sociale que l’on considère comme un exemple dans son intégration des personnes handicapées dans les différents travaux de la ferme.

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Samuele et Pauline
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Pauline à la traite

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