NIIHAO (BONJOUR)

Premier chapitre: Nanjing (région du canard, thé, riz et vinaigre)

Tout a commencé le 4 mai 2016 en arrivant sur le sol chinois. Mon vol a atterrit à Nanjing, la ville du canard. Dès mon arrivée me voici directement submergée par cette culture si différente de la nôtre, en habitant chez M. et Mme Zhou. Quoi de plus intéressant que d’être directement chez l’habitant et connaître les coutumes et les habitudes des habitants du pays?!

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Famille Zhou

J’ai donc beaucoup discuté avec Tian-You Zhou, le fils. Né en Chine et ayant appris le français au collège en Chine, il fût envoyé à Dijon grâce à ses excellentes notes en français. Ses années lycée à Dijon l’ont donc immergé dans la culture française et il eut l’opportunité d’étudier aux Mines de Paris suite à ses deux années de classe préparatoire. Aujourd’hui, cela fait quatre ans qu’il travaille chez TOTAL à Pau. Il rentre tout de même tous les ans à Nanjing afin de voir ses parents et continuer à suivre l’actualité du pays.

Grâce aux diverses rencontres j’ai pu en ressortir des informations agricoles:

La Chine est un pays qui consomme énormément de légumes verts (Rapport de l’agriculture de l’ONU de 2012) avec une consommation supérieure à 420kg de légumes verts par personne par an. Nous pouvons comparer ceci à la consommation moyenne des pays développés qui est de 90kg soit 5 fois moins. La Chine consomme également beaucoup de fruits (consommation supérieure à 70kg de fruits par an par personne), puis 44% de la production d’oeufs dans le monde en 2012 est Chinoise, la production du porc dépasse la somme de tous les autres pays dans le monde (54%), la production d’oies représente 95% dans le monde , la cacahuète s’élève à 42% et le poisson est 5 fois plus élevé que le Pérou (qui est le second au monde) et 10 fois plus que les USA.

Afin de mieux comprendre la situation de la Chine voici d’autres chiffres significatifs comparés aux pays de l’OECD.

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Les légumes verts consommés en Chine regroupent 47% des variétés dans le monde. C’est ainsi le pays le plus diversifié en légumes verts.

Aujourd’hui, 60% des chinois sont catégorisés « ruraux » mais beaucoup d’entre-eux travaillent dans les villes et plus particulièrement dans les chantiers. On compte à peu près 50% des actifs chinois travaillant dans l’agriculture et dont des méthodes de productions peuvent être ancestrales comme très industrialisées. Fabien B. qui visitait également la Chine à la même période, nous explique sa visite dans les rizières et nous décrit une technique intéressante de « l’écoulement de l’eau du haut vers le bas des plantations et lorsque les terres sont moins humides à l’extrémité basse de l’exploitation, les cultures de riz ne sont donc pas les mêmes. »

Néanmoins, le souci qui se pose en Chine est lié à la condition souvent médiocre des agriculteurs. Le poids du gouvernement qui à l’époque lors de crises économiques et sociales pouvait motiver les individus à travailler dans les campagnes est limité en 2016. L’exode rurale est aussi présente en Chine et ne cesse de grimper. Le savoir faire se perd et les jeunes rêvent plus d’une carrière dans la finance, marketing… en zone urbaine qu’autre chose. Ceci peut être lié par le fait que les ruraux sont moins assurés socialement et que la retraite est quasi-nulle. Qualifiés comme de seconde zone juridiquement l’éducation et le médical restent limités et ceci ne motive pas les chinois à rester dans les campagnes. Par conséquent, avec cette exode rurale, le vieillissement de la population et la féminisation des campagnes montrent à tel point les femmes qui restent travailler à la campagne (différemment de leurs maris qui s’exilent vers les villes) sont à l’égales de l’homme et sont souvent dans le business. L’exemple des rizières est intéressant à mettre en exergue ici car lors de la réalisation de ce travail, il n’est pas nécessaire d’avoir de la force brute, c’est de l’endurance. Les femmes peuvent dont répondre à cette demande.

La Chine est un réel paradox pour sa vision coupée du monde et en parfaite autarcie. La Chine a un but: nourrir son pays et son peuple dans une parfaite autosuffisance tout en exportant principalement du riz, du porc et des épinards. Elle se veut comme pour Facebook, Google, Snapchat coupée du monde avec sa propre application: WeChat et en même temps très ouverte sur les produits américanisés. Elle va tout de même vouloir garder le pouvoir sur certaines données et ne laisse pas les OGM de grandes sociétés s’immiscer dans toutes ses cultures comme le riz.

Afin de connaître un peu plus l’esprit chinois nous avons questionné les habitants sur le rachats des terres dans le Berry en France. « Ceci n’est pas une action acceptée de tous ici. En France, les chinois sont souvent des individus d’une partie de la Chine ou des étudiants. Concernant ce rachat ce sont plutôt des investisseurs qui décident d’obtenir des terres sans avoir des connaissances adéquates. Pour certains d’entre-nous ce rachat n’a aucun sens et n’est pas comparable aux terres rachetées en Afrique. La finalité n’est pas la même et souvent les terres en Afrique n’étaient pas utilisées alors qu’en France elles l’étaient et la production était gérée. C’est un grand questionnement pour nous aussi… »

Et vous qu’en pensez-vous?

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